Le camp fermé de l'île de Samos a été inauguré en septembre 2021. Crédit : MSF
Le camp fermé de l'île de Samos a été inauguré en septembre 2021. Crédit : MSF

Les migrants du camp de Samos, en Grèce, ont de nouveau l'eau courante, depuis lundi. Pendant plus de deux semaines, seul un accès extrêmement limité était possible en raison d'une panne de la pompe qui permet d'acheminer l'eau vers ce site isolé.

Après 17 jours sans eau courante, les habitants du camp de Samos ont retrouvé, lundi 23 mai, un accès régulier à l'eau, a annoncé le collectif d'associations de défense des droits des migrants Samos advocacy collective.

Engendrée par une panne de la pompe qui permet d'approvisionner le camp en eau potable, la coupure est survenue le 6 mai dernier. Pendant plus de deux semaines, les résidents du camp, construit sur un site isolé de cette île de la mer Égée, n'ont eu qu'un accès extrêmement limité à l'eau courante. Une heure le matin et une heure le soir.

Selon les autorités grecques, la pompe à eau a mis plusieurs jours à être réparée car la pièce défectueuse était difficilement remplaçable en raison de la pénurie mondiale de pièces de construction.

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En attendant la réparation de la pompe, les exilés ont reçu trois bouteilles d’eau d’un litre et demi par personne et par jour, soit 4,5 litres au total. Une quantité insuffisante pour couvrir tous les besoins quotidiens en eau d’une personne (boisson, cuisine, hygiène...). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 20 litres par jour les besoins basiques en eau d'une personne.

Camp "modèle"

Cette coupure écorne encore l'image de camp "modèle" que devait être cette structure ouverte en septembre dernier. Elle s'ajoute à la liste - déjà longue - des défauts observés dans le centre. "Le camp est dysfonctionnel depuis le premier jour. Trois semaines après son ouverture, il y avait déjà des problèmes", déplore un membre du Samos advocacy collective. En octobre dernier, de fortes pluies s’étaient abattues sur l’île de Samos et le camp, "construit au fond d'une vallée", avait été rapidement inondé.

Depuis l'ouverture, les migrants qui ont été contraints de s'y installer se sont plaints de coupures d’électricité, de pannes de climatisation ou encore de douches qui fuient et inondent les logements. Le camp s’est également rapidement révélé inadapté à l’accueil de personnes handicapées.

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Pourtant, la Grèce et l'Union européenne – qui a attribué 276 millions d’euros à la Grèce pour l’édification de nouveaux camps fermés - ont vanté le confort supposé de ce nouveau site. La structure a coûté pas moins de 43 millions d'euros, intégralement financés par Bruxelles. La somme a permis, entre autres, de financer un système de vidéo-surveillance, des portes à accès magnétique et de hautes clôtures de barbelés.

 

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