Image d'archives d'un naufrage près du Sea Watch 3, en Méditerranée centrale, le 9 avril 2022. Crédit : Sea-Watch
Image d'archives d'un naufrage près du Sea Watch 3, en Méditerranée centrale, le 9 avril 2022. Crédit : Sea-Watch

Au moins 76 personnes ont disparu au large de Sfax, dans le sud-est de la Tunisie, a indiqué, mercredi matin, l’Organisation internationale des migrations (OIM). Vingt-quatre migrants ont, quant à eux, pu être secourus par les autorités tunisiennes.

Un important naufrage s’est produit au large des côtes tunisiennes. Au moins 76 migrants sont portés disparus, a annoncé, mercredi 25 mai, l’Organisation internationale des migrations (OIM) tandis que 24 autres ont pu être secourus par les garde-côtes tunisiens près de Sfax, dans le sud-est du pays.

"D'après les premiers éléments de l'enquête, le bateau pneumatique était parti de Zouara en Libye dans la nuit du 22 au 23 mai avec environ 100 personnes à bord", a précisé à l'AFP le porte-parole de la garde nationale tunisienne, Houcem Eddine Jebabli, ajoutant qu'un seul corps a pu être repêché. Il a par ailleurs précisé que les exilés à bord de l'embarcation sinistrée étaient "de différentes nationalités africaines et asiatiques".

Avec l’amélioration des conditions météorologiques à l’approche de l’été, les départs de migrants depuis les côtes tunisiennes et libyennes s’intensifient. Et dans le même temps, les drames se multiplient. Mardi déjà, la marine libyenne a affirmé avoir découvert quatre cadavres sur une embarcation interceptée. D’après les témoignages des 13 rescapés, trois personnes ont également disparu pendant cette tentative de traversée.

Une embarcation avec une centaine de migrants chavire près de la Libye

L’ONG espagnole Open Arms, dont le voilier Astral sillonne la Méditerranée centrale, a aussi assisté, dans la nuit de mardi à mercredi, à un naufrage. Un bateau avec une centaine d’exilés à bord a chaviré en pleine mer, au large de la Libye. Sur la photo publiée par le fondateur d’Open Arms, Oscar Camps, on peut voir le canot se retourner et les naufragés s’accrocher tant bien que mal aux rebords de l’embarcation.

L’Astral, qui n’est pas équipé pour accueillir des exilés, a tenté de les récupérer et de les mettre en sécurité sur des radeaux de sauvetage. "Nous ne savons pas si des vies ont été perdues" lors de cet accident, signale Oscar Camps.

Les rescapés étaient toujours, mercredi matin, à la dérive en Méditerranée. Ni Malte, ni la Tunisie, ni l’Italie n’avaient encore répondu aux appels à l’aide répétés des humanitaires. Le fondateur d'Open Arms a dénoncé "l'inaction délibérée" de ces trois pays malgré le danger imminent.

La plateforme d'aide aux migrants en mer Alarm Phone a également averti, jeudi matin, d'un autre cas de canot en détresse. Trente-une personnes "sont en danger" dans les eaux maltaises, a-t-elle prévenu, ajoutant que cinq d'entre elles étaient "gravement malades". "Les garde-côtes maltais nous ont dit qu'ils ne considéraient pas le bateau comme étant en détresse. Malte rejette de nouveau ses responsabilités", déplore Alarm Phone.

Aucun navire humanitaire n'est présent dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) libyenne. L'Ocean Viking, de l'ONG SOS Méditerranée, a secouru, ces derniers jours, près de 300 migrants au large des côtes libyennes. Il est actuellement près de la Sicile à la recherche d'un port sûr pour débarquer les exilés.

Depuis le début de l'année, au moins 129 exilés sont morts en tentant la traversée et 459 sont portés disparus et présumés morts, d'après les données de l'OIM.

 

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