Les 294 migrants à bord de l'Ocean Viking ont été autorisés, dimanche 29 mai 2022, à débarquer en Sicile. Crédit : SOS Méditerranée
Les 294 migrants à bord de l'Ocean Viking ont été autorisés, dimanche 29 mai 2022, à débarquer en Sicile. Crédit : SOS Méditerranée

Les 294 migrants secourus entre le 19 et le 23 mai par le navire humanitaire de SOS Méditerranée ont été autorisés à débarquer au port de Pozzallo, en Sicile, dimanche soir. Depuis le premier sauvetage en Méditerranée centrale, l’Ocean Viking a demandé à huit reprises l’assignation d’un port sûr aux autorités libyennes, maltaises et italiennes. "Il est inacceptable que des rescapés soient confrontés à un tel mépris de leurs droits", déplore l’ONG.

L’attente aura une nouvelle fois duré plusieurs jours. Dimanche 29 mai, soit 10 jours après son premier sauvetage au large de la Libye, l’Ocean Viking a finalement été autorisé à débarquer au port sicilien de Pozzallo les 294 personnes secourues en Méditerranée centrale.

Sur les photos diffusées par l’équipage sur Twitter, on peut voir la joie et le soulagement des rescapés.

Le navire humanitaire de SOS Méditerranée a réclamé à huit reprises l’assignation d’un port sûr aux autorités compétentes (libyennes, maltaises et italiennes) avant d’obtenir une réponse positive des Italiens. Comme à son habitude, Malte n’a pas répondu aux demandes répétées du bateau. "Il est inacceptable que des rescapés soient confrontés à un tel mépris de leurs droits", a insisté l’ONG dimanche soir.

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Entre le 19 et le 23 mai, l’Ocean Viking a porté assistance à 297 migrants en détresse en Méditerranée centrale lors de quatre opérations. Parmi eux, se trouvaient six femmes enceintes, 49 mineurs et un bébé de seulement trois mois.

Traces de violences subies en Libye

Dans une vidéo tournée depuis le navire, une responsable médicale a indiqué que certains rescapés présentent des traces de violences subies lors de leur séjour en Libye, d'autres ont été blessés au cours de la traversée ou souffrent de pathologies chroniques, autant d'affections nécessitant une prise en charge médicale à terre.

Lundi 23 mai, un homme souffrant de "graves blessures subies en Libye" avait été évacué par les garde-côtes italiens. Et dimanche, peu avant le feu vert de Rome, une femme enceinte de huit mois et son mari ont également été pris en charge par les autorités italiennes. "Le fait d’être en mer pendant plus de 10 jours, de faire face au stress et à la peur, de dormir à même le sol avec les vibrations du navire a rendu son état critique", rapporte une sage-femme de SOS Méditerranée.

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Le même jour, un migrant "désespéré et fatigué" a sauté à l’eau, selon l’équipage. Il a été récupéré par les humanitaires. "Le retard injustifié dans l’attribution d’un lieu sûr aux personnes secourues d’un danger imminent en mer a des conséquences dangereuses pour elles", rappelait alors l’ONG.

La Méditerranée centrale est la route migratoire la plus dangereuse du monde, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). L'agence onusienne y estime le nombre de morts et de disparus à au moins 1 553 en 2021.

Depuis février 2016, 35 630 femmes, hommes et enfants ont été secourus par SOS Méditerranée avec les navires Aquarius puis Ocean Viking.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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