Dans le carré musulman du cimetière nord de Calais, plusieurs sépultures de migrants ne sont identifiées que par un numéro. Crédit : François-Damien Bourgery pour InfoMigrants
Dans le carré musulman du cimetière nord de Calais, plusieurs sépultures de migrants ne sont identifiées que par un numéro. Crédit : François-Damien Bourgery pour InfoMigrants

Un homme "à priori adulte et d’origine africaine" a été percuté par un train de marchandises, dimanche matin, à Calais, a indiqué le parquet de Boulogne-sur-Mer. La victime, qui trouvait "allongé sur la voie, et possiblement dans un sac de couchage", est décédée sur le coup. Selon les premiers éléments, l’enquête s’oriente "soit vers la piste d’un suicide, soit celle d’une alcoolisation importante, avec une désorientation".

Depuis le début de l’année, les drames à Calais s’enchaînent. Dimanche 29 mai, un migrant "à priori adulte et plutôt d’origine africaine", selon les mots du procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer, est mort percuté par un train de marchandises dans le nord de la France.

Les secours ont été "appelés à 6h02 pour un piéton de sexe masculin, d’âge indéterminé, percuté par un train de fret au niveau du chemin Castre", au sud-est de Calais, avaient d’abord indiqué les pompiers du Pas-de-Calais.

Cet homme se trouvait à l’arrivée du train "allongé sur la voie, et possiblement allongé dans un sac de couchage", a ensuite précisé le procureur adjoint, Patrick Leleu. Il est "possible qu’il se soit relevé" dans les derniers instants, "sans que le conducteur n’ait eu, à quelque moment que ce soit, la possibilité de l’éviter", a-t-il ajouté. La victime est décédée sur le coup.

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Les premiers éléments de l’enquête laissent entrevoir deux hypothèses : "Soit la piste d’un suicide, soit celle d’une alcoolisation importante, avec une désorientation", selon Patrick Leleu, l’endroit n’étant "pas le lieu le plus accessible".

Le commissariat de Calais va "se rapprocher des associations et des migrants eux-mêmes" pour tenter d’identifier l’homme.

Plusieurs affaires similaires

Ce n’est pas la première fois qu’un exilé est percuté par un train dans la région. Le 28 février, un Soudanais de 25 ans était mort dans les mêmes circonstances alors qu’il marchait le long d’une voie de chemin de fer à Marck, une commune voisine de Calais. Le 4 novembre, un accident similaire s’était produit à quelques centaines de mètres de là. Un train avait alors percuté un groupe de quatre personnes qui circulaient sur les voies entre Dunkerque et Calais, faisant un mort, un blessé grave et deux plus légers.

Le 15 janvier, un migrant soudanais de 18 ans a lui trouvé la mort, également à Marck, écrasé par le camion dont il avait chuté en tentant d'y monter. Un mois plus tôt, un adolescent de 16 ans, lui aussi soudanais, y était également décédé, en tombant d'un poids lourd sur la zone d'activité Transmarck.

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Le 11 mai, un exilé a, lui, été retrouvé "pendu" dans une remorque stationnée sur un parking de la zone d'activités Transmarck, l'hypothèse la plus probable étant celle d'un suicide, selon le parquet.

D’après la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, les périlleuses traversées de la Manche, à bord d'embarcations de fortune, ont également fait 31 morts et quatre disparus en 2021, et provoqué un autre décès en 2022.

Ces accidents, couplés aux conditions de vie déplorables et au "harcèlement policier" - actuellement dans la région, des expulsions ont lieu toutes les 36 ou 48h – détériorent considérablement la santé mentale des migrants. Plus récemment, l’annonce de l’externalisation des demandes d’asile au Rwanda par le Royaume-Uni a décuplé leur angoisse. "Nombre d’entre eux sont en détresse psychologique, déplorait Pauline Joyau il y a quelques semaines à InfoMigrants. Mais comme pour tout le reste, les moyens manquent".

 

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