Des migrants s'abritent sous un pont, porte de la Chapelle, le 10 juillet 2017. Crédit : InfoMigrants
Des migrants s'abritent sous un pont, porte de la Chapelle, le 10 juillet 2017. Crédit : InfoMigrants

Deux jours après l’évacuation de 2 800 migrants de la porte de la Chapelle, des dizaines de sans-papiers sont revenus s’installer aux abords du camp humanitaire dans le nord de Paris. Dans des conditions toujours aussi critiques.

Bilal grelotte sous la pluie. Cet Afghan de 24 ans patiente sous un pont à moins de 50 mètres du centre humanitaire de la Chapelle. Autour de lui, des camions de police stationnent sur les trottoirs, quadrillant la zone. Deux jours après le démantèlement des campements de fortune dans le 18e arrondissement de Paris, des dizaines de migrants, comme Bilal, sont revenus "s’installer" à quelques mètres de l’entrée du centre.

Un retour confirmé par l’association d’aide aux migrants Utopia 56. "Ils sont de nouveau là, sous les ponts. C’était prévisible… On estime qu’ils sont entre 200 et 300", explique Antoine Bazin, chargé de coordination de l’association à Paris. "Les mises à l’abri, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant, continue-t-il. C’est tout le système d’accueil qu’il faut repenser. Il n’y a pas de CAO [centre d’accueil et d’orientation] supplémentaires, il n’y a pas de délais supplémentaires pour les demandes d’asile… Les mises à l’abri, ça ne règle pas les campements de rue à long terme."

La plupart des migrants – envoyés dans des centres d’accueil en Ile de France - reviennent à Paris "parce qu’ils pensent que la prise en charge est meilleure et plus rapide ici", continue Antoine Bazin. "Mais il faudrait des dizaines de centres humanitaires comme celui-ci en Europe [pour que le système fonctionne]."

Bilal et Abdallah patientent sous la pluie devant le centre humanitaire de la porte de La Chapelle

"Beaucoup d’orages pendant l’été"

Ce lundi 10 juillet, à 8h30, plusieurs dizaines de migrants tentent de s’abriter des trombes d’eau qui tombent sur Paris. En une heure dimanche soir, il est tombé l’équivalent de trois semaines de précipitations moyennes en juillet à Paris. "Il fait froid, j’en peux plus de vivre comme ça", raconte Bilal, trempé, en tee-shirt gris, qui quémande une couverture à un bénévole à l’entrée du centre humanitaire. A ses côtés, les uns prennent des tapis de sol en guise parapluie, les autres se servent des sacs de couchage comme écharpes pour se réchauffer. Tous jonglent entre les énormes flaques d’eau colonisant les trottoirs et les terre-pleins.

"Il va y avoir beaucoup d’orages pendant l’été", précise encore Antoine Bazin d’Utopia 56. La situation risque de devenir critique. "Pour l’instant, on a donné les ponchos imperméables qui nous restaient, et on va donner des couvertures ce [lundi] soir. Mais on va aussi lancer un appel aux dons."

L'ouverture du centre porte de la Chapelle devait empêcher la reconstitution de ce genre de campement insalubre en offrant une alternative à la rue. Mais le dispositif, unique en France, peine à absorber les nouveaux arrivants au rythme actuel. Aussi l'adjointe à la maire de Paris, Dominique Versini, a-t-elle demandé vendredi au gouvernement "une répartition sur tout le parcours migratoire" et "sur l'ensemble du territoire".

L’équipe d’Utopia 56 appelle aux dons (vêtements, couvertures...). Vous pouvez les apporter devant le centre humanitaire de la Chapelle, de 9h à 20h. Pour tout renseignement, contacter l’association : www.utopia56.com


 

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