Les Sea Watch 3 et le Mare Jonio ont secouru plus de 400 migrants au large de la Libye. Crédit : Sea-Watch
Les Sea Watch 3 et le Mare Jonio ont secouru plus de 400 migrants au large de la Libye. Crédit : Sea-Watch

Le Sea Watch 3, avec 344 migrants à bord, et le Mare Jonio, avec 92 personnes, ont accosté vendredi matin au port de Pozzallo, en Sicile. Les deux navires humanitaires réclamaient depuis plusieurs jours l’attribution d’un port sûr pour les exilés secourus au large de la Libye quelques jours plus tôt.

Deux navires humanitaires attendaient depuis plusieurs jours en mer l’autorisation d’accoster dans un pays européen. L’Italie a finalement attribué vendredi 9 juin le port sicilien de Pozzallo au Sea Watch 3, de l’ONG allemande éponyme, et au Mare Jonio, du collectif italien Mediterranea, la veille au soir. Les 436 migrants pris en charge par ces deux bateaux ont commencé à débarquer vendredi matin en Sicile.

Les deux navires avaient secouru des migrants en détresse au large des côtes libyennes. Le Sea Watch 3 avait porté assistance à 356 personnes lors de six opérations survenues entre jeudi 2 et lundi 6 juin. Plusieurs évacuations sanitaires avaient été effectuées pour des migrants en "urgence médicale", selon l’ONG, portant à 344 migrants le nombre d’exilés à bord du navire vendredi.

Le Mare Jonio avait quant à lui porté secours à 92 naufragés, répartis dans deux embarcations, dimanche 5 et lundi 6 juin. Parmi eux, une trentaine de mineurs non accompagnés.

"L'Italie a 10h pour s'organiser"

Les appels du collectif Mediterranea pour l’attribution d'un port sont restés plusieurs jours sans réponse. Las d’attendre, les humanitaires ont lancé mercredi un ultimatum à l’Italie.

"Les choses sont simples : soit un port de débarquement nous est assigné sans délai (…), soit dès que nous gagnerons les côtes siciliennes, nous entrerons dans le premier port accessible", a déclaré Mediterranea dans un communiqué. Le ministère italien "a 10 heures pour s’organiser".

Les autorités italiennes ont finalement donné leur accord avant que le Mare Jonio ne force l’entrée dans un port du pays.

SOS Méditerranée demande un mécanisme de solidarité européenne

La menace de Mediterranea intervient quelques heures avant un appel lancé par SOS Méditerranée, qui affrète l’Ocean Viking, en partenariat avec la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). L’ONG demande dans un communiqué "un engagement européen en faveur d’un mécanisme de débarquement durable pour les personnes secourues en Méditerranée centrale".

Les navires humanitaires patientent de longue période en mer en attendant d’obtenir l’autorisation d’accoster en Italie - Malte ne répondant jamais aux demandes répétées des ONG. "Ces périodes prolongées ont de graves répercussions sur le bien-être physique et mental des personnes à bord qui ont échappé de justesse à la mort en mer", signale SOS Méditerranée, qui a secouru près de 1 000 migrants depuis le début de l'année.

Les militants redoutent que "la crise humanitaire en Méditerranée centrale" ne s’aggrave au cours de l’été, "quand de meilleures conditions météorologiques conduisent à davantage de tentatives de traversées périlleuses" vers l’Europe.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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