L'équipage du Sea-Eye 4 a porté secours à près de 500 personnes en trois jours. Crédit : Sea-Eye
L'équipage du Sea-Eye 4 a porté secours à près de 500 personnes en trois jours. Crédit : Sea-Eye

Le Sea-Eye 4 a secouru 492 personnes, dont des dizaines de mineurs, au cours de quatre opérations de sauvetage survenues en Méditerranée centrale entre lundi et mercredi. Près de 300 personnes se trouvaient notamment dans un bateau en bois surchargé.

Le drame a été évité de justesse. L’équipage du Sea-Eye 4 a porté secours, mercredi 15 juin, dans la matinée, à un bateau en bois surchargé dans lequel se trouvaient 290 exilés, dont 19 mineurs. "De nombreux migrants se trouvaient au niveau du pont inférieur du bateau”, a indiqué l’équipage dans un communiqué.

Quelques heures plus tard, dans l’après-midi, le navire humanitaire a porté secours à un bateau gonflable sur lequel se trouvait 63 personnes, dont 13 mineurs. Puis, dans la soirée, le Sea-Eye 4 a secouru 76 migrants, après avoir été informé par la plateforme Alarm phone de la présence en mer de cette embarcation gonflable qui prenait l’eau.

Selon l'équipage du navire humanitaire, de nombreux exilés à bord du canot souffraient de graves brûlures causées par le contact de la peau avec un mélange très corrosif d’eau de mer et de carburant. "Les personnes secourues souffrent également d'hypothermie, de déshydratation et d'épuisement grave", a précisé l’ONG allemande Sea-Eye, qui affrète le bateau.

Ces trois sauvetages faisaient suite à une première opération de sauvetage survenue lundi et au cours de laquelle 63 personnes, dont 30 mineurs, ont été secourues. Au total, 492 migrants se trouvent donc sur le Sea-Eye 4.

Intervention des garde-côtes libyens

Parallèlement aux opérations de sauvetage du Sea-Eye 4, l’Aita Mari a secouru 68 personnes lors de trois opérations au large de la Libye. Dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 juin, le navire du collectif espagnol Maydayterraneo a porté assistance à 40 migrants en détresse. Les naufragés ont été repérés par les sauveteurs grâce à la lumière de l’écran d’un téléphone portable ainsi que par les pleurs des six enfants qui se trouvaient à bord du canot.

Quelques heures plus tôt, l'équipage a voulu venir au secours d'une embarcation mais a été empêché par les garde-côtes libyens, mercredi 15 juin. Une centaine de personnes se trouvaient à bord du canot mais seules 17 migrants, qui s’étaient jetés à l’eau, ont pu être secourus et amenés sur l’Aïta Mari. Parmi eux, se trouve un adolescent de 15 ans qui est maintenant soigné à bord du navire. Les 86 personnes restantes ont été renvoyées en Libye.

Enfin, l’Aita Mari a secouru lundi à 11 personnes "à la dérive dans une embarcation précaire", selon les humanitaires.

Dernièrement, les ONG ont enchaîné les opérations de sauvetage. À la faveur d'une météo printanière clémente, les migrants sont actuellement nombreux à tenter de traverser la mer dans l'espoir de rejoindre l'Europe. Depuis le début de l'année, plus de 1 000 personnes ont péri en Méditerranée centrale, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Les navires humanitaires patientent de longue période en mer en attendant d’obtenir l’autorisation d’accoster en Italie - Malte ne répondant jamais aux demandes répétées des ONG. "Ces périodes prolongées ont de graves répercussions sur le bien-être physique et mental des personnes à bord qui ont échappé de justesse à la mort en mer", signale SOS Méditerranée, qui a secouru près de 1 000 migrants depuis le début de l'année.

Les militants redoutent que "la crise humanitaire en Méditerranée centrale" ne s’aggrave au cours de l’été, "quand de meilleures conditions météorologiques conduisent à davantage de tentatives de traversées périlleuses" vers l’Europe.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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