66 personnes ont été secourues par l'Ocean Viking, lundi 27 juin, dans la matinée. Le navire a maintenant plus de 150 rescapés à son bord. Crédit : Anthony Jean/ SOS Méditerranée.
66 personnes ont été secourues par l'Ocean Viking, lundi 27 juin, dans la matinée. Le navire a maintenant plus de 150 rescapés à son bord. Crédit : Anthony Jean/ SOS Méditerranée.

Le week-end a de nouveau été marqué par plusieurs opérations de sauvetage en Méditerranée. En tout, 519 personnes se trouvent encore, lundi, à bord de trois navires humanitaires et attendent de se voir désigner un port sûr où débarquer.

C’est presque à chaque fois la même scène qui se répète : une embarcation de mauvaise qualité, en caoutchouc ou en bois, surchargée de personnes sans gilets de sauvetage. Parmi elles, une majorité de jeunes hommes mais aussi des femmes, dont certaines sont enceintes, et de jeunes enfants. D’une minute à l’autre, la scène peut se transformer en drame.

Lundi 27 juin, l’Ocean Viking, de SOS Méditerranée, a secouru 66 personnes qui se trouvaient à bord d’un bateau gonflable dans la zone de recherche et sauvetage (SAR) maltaise. Les personnes avaient passé au moins 48 heures en mer et montraient des signes d’épuisement.

La veille, le navire avaient porté secours à 75 migrants sur un bateau gonflable en difficulté, dans la SAR zone libyenne. Parmi les rescapés se trouvaient "34 mineurs non-accompagnés, quatre femmes enceintes, 8 enfants et un bébé de 9 mois", a précisé l’ONG. Après trois opérations de sauvetages effectuées entre le 24 et le 27 juin, 156 personnes se trouvent maintenant à bord de l’Ocean Viking.

Plus de 300 personnes en mer depuis une semaine sur le Sea-Watch 4

De leur côté, le Sea-Watch 4, de l’ONG du même nom, ainsi que le Louise Michel, affrété par le street-artiste Banksy, attendent de se voir désigner un port sûr après leurs opérations de sauvetage. Le Sea-Watch 4 attend en mer depuis plus d’une semaine avec 304 rescapés à bord. Neuf personnes ont déjà dû être évacuées du navire pour urgence médicale.

Le Louise Michel, lui, a 59 personnes à bord depuis une opération de sauvetage le 24 juin. "Tout le monde a survécu, malgré plusieurs interventions des soi-disant garde-côtes libyens mettant en danger la vie [des exilés]", a souligné l’équipage du navire.

Le week-end a également été marqué par l’arrivée, dimanche, à Lampedusa, du voilier Nadir après plus de 90 heures en mer avec 19 rescapés à son bord. L’Aïta Mari, de l’ONG Maydayterraneo, a, lui, été autorisé à débarquer à Augusta, en Sicile. Plus de 110 personnes se trouvaient à bord et certaines d’entre elles attendaient depuis plus d’une semaine de pouvoir rejoindre la terre ferme.

Enfin, le Geo Barents, de Médecins sans frontières (MSF) a repris la mer ce week-end après un mois à quai pour un "arrêt technique" et se dirige vers la zone de recherche et sauvetage libyenne pour venir en aide aux exilés qui cherchent à fuir le pays.

De nombreux bateaux renvoyés en Libye

Les navires humanitaires qui sillonnent actuellement la Méditerranée centrale arrivent presque tous à saturation. La météo clémente de ces dernières semaines, propices à la navigation, poussent à la mer de nombreux canots chargés d'exilés désireux de gagner l'Europe.

En seulement trois jours, le Seabird a repéré dans la zone 14 embarcations de migrants. "Cependant, nombre de ces bateaux ne sont pas détectés et sont ramenés en Libye", précise Sea-Watch, qui affrète l'avion de surveillance. De retour dans le pays, ces personnes sont placées en centre de détention, des endroits où s’appliquent tortures, viols et extorsions.

Si certains parviennent à atteindre les côtes italiennes - actuellement plus de 1 600 personnes occupent le hotspot de Lampedusa d’une capacité de 350 places - beaucoup sombrent dans les eaux méditerranéennes, après plusieurs jours de dérive en mer. Depuis le début de l'année, au moins 715 personnes ont péri en Méditerranée centrale, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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