Les forces françaises ont secouru 166 personnes ces dernières heures dans la Manche. Crédit : préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord
Les forces françaises ont secouru 166 personnes ces dernières heures dans la Manche. Crédit : préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

Les autorités françaises ont porté secours à 166 migrants en détresse dans la Manche lors de plusieurs opérations survenues dans la nuit de mardi à mercredi, puis dans la journée. Certains se trouvaient en état d'hypothermie et un exilé a dû être évacué par hélicoptère à l’hôpital.

Les dernières heures ont été intenses dans la Manche. Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez a identifié plusieurs embarcations en difficulté dans le détroit du Pas-de-Calais dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 juillet, puis un peu plus tard dans la journée. Au total, 166 personnes ont été secourues en quelques heures.

La première intervention a eu lieu dans la nuit au large du Touquet pour un canot transportant 47 migrants. Près de Fort-Mahon, 33 personnes ont ensuite été prises en charge, puis 21 autres dans le secteur de Calais. Enfin, 43 naufragés ont été secourus au large d’Hardelot. Ces 144 exilés ont débarqué au port de Boulogne-sur-Mer où "ils ont été pris en charge par la Police aux frontières (PAF) et les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) en fin de matinée", précise la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord dans un communiqué.

Un peu plus tard, en début d’après-midi, une autre embarcation en détresse a été repérée par les autorités. Les sauveteurs ont alors porté assistance à 22 personnes. Un des naufragés, très affaibli, a dû être évacué par hélicoptère à l’hôpital. Les 21 autres ont accosté à Boulogne-sur-Mer.

"Le bateau était en train de prendre l’eau"

"Quand on est arrivé, l’un des boudins du semi-rigide était dégonflé, le bateau était en train de prendre l’eau", a raconté à la Voix du Nord un des membres d’équipage, engagé dans le sauvetage d’un des cinq embarcations en difficulté.

Arrivés au port, plusieurs migrants se trouvaient en état d’hypothermie car "ils ont sauté du bateau pour permettre aux femmes et aux enfants de rester à bord de l’embarcation et éviter qu’elle ne prenne l’eau", a expliqué un médecin au journal local.

Cette série particulièrement rapprochée de sauvetages est intervenue au moment où Europol annonçait le démantèlement d'un important réseau de passeurs implanté dans plusieurs pays d'Europe.

Démantèlement d'un réseau de passeurs de la Manche

Trente-neuf personnes ont été arrêtées en Europe lors d'une opération coordonnée ayant permis de démanteler un réseau mené par des kurdes irakiens, selon la même source. Ils sont soupçonnés d'avoir orchestré le passage de jusqu'à 10 000 migrants ces 12 à 18 derniers mois en petits pneumatiques à travers la Manche, ont annoncé les enquêteurs mercredi.

>> À (re)lire : Arrestations dans la Manche : "C'est la plus grande opération jamais réalisée contre les passeurs de petits bateaux"

Malgré les multiples moyens mis en œuvre par les autorités françaises et britanniques pour empêcher les exilés de prendre la mer – caméras, drones, augmentation des patrouilles sur les plages – les tentatives de traversée de la Manche ont atteint cette année un niveau record. Entre le 1er janvier et le 13 juin 2022, "777 événements de traversées et tentatives de traversées en 'small boats' impliquant 20 132 candidats ont été recensés", selon le ministère français de l'Intérieur. C’est 68 % de plus qu’en 2021, à la même période.

 

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