AFP/Archives | Le Britannique Mo Farah célèbre sa victoire sur le 5.000 m, le 24 août 2017 à Zurich
AFP/Archives | Le Britannique Mo Farah célèbre sa victoire sur le 5.000 m, le 24 août 2017 à Zurich

L’athlète britannique Mo Farah, médaillé olympique, révèle dans un documentaire diffusé mardi 12 juillet sur la BBC qu’il a été victime de trafic d’enfants, amené illégalement au Royaume-Uni puis exploité par une famille. La prise de parole du sportif a suscité de l’espoir chez les associations.  

Avec notre correspondante à Londres, Emeline Vin

L’athlète britannique Mo Farah révèle dans un documentaire diffusé mardi 12 juillet sur la BBC qu’il a été victime de trafic dans son enfance. Enlevé à Djibouti puis amené illégalement au Royaume-Uni, même son nom n’est pas son vrai nom. "Vous me connaissez comme Mo Farah, mais ce n’est pas mon vrai nom…", déclare le champion olympique dans le documentaire. 

"Mes parents n’ont jamais vécu au Royaume-Uni, poursuit l'athlète. Quand j’avais quatre ans, mon père a été tué pendant la guerre civile. J’ai été séparé de ma mère et amené illégalement au Royaume-Uni, sous le nom d’un autre enfant. J’étais un garçon à tout faire. Si je voulais pouvoir manger, je devais m’occuper des enfants, les laver, les nourrir, faire le ménage. Ils me disaient : 'Si tu veux revoir ta famille, ne dis rien.'"

Le président de l’association "Protéger chaque enfant du trafic" juge l’histoire de Mo Salah à la fois choquante et familière. Il accuse un système hostile et complexe de demande d’asile, renforcé par le récent partenariat de délocalisation au Rwanda.

Briser le tabou

Les associations d’aide aux victimes de trafic d’êtres humains espèrent que la prise de parole de Mo Farah, Hussein Abdi Kahin en réalité, va permettre de briser le tabou et une meilleure prise en charge. Près de 5 500 personnes sont identifiées au Royaume-Uni comme ayant été victimes de traite, dont la moitié en provenance du Somaliland, comme l’athlète. 

Mais les ONG expliquent que la peur d’être expulsé, car entrés illégalement et non régularisés, empêchent les survivants de témoigner. La crainte également de ne pas être cru. Pour les ONG, il est essentiel que les autorités adoptent une approche basée davantage sur la confiance vis-à-vis des victimes présumées.

Le ministère de l’Intérieur britannique a promis que Mo Farah ne sera pas poursuivi – il était mineur et ne peut être jugé complice de l’acquisition de sa citoyenneté sur de fausses bases. 

Suite à ces révélations, la police britannique a, de son côté, annoncé jeudi avoir ouvert une enquête.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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