La police des frontières contrôle les camions à la recherche d’éventuels migrants | Photo : Andrew Matthews/AP/picture-alliance
La police des frontières contrôle les camions à la recherche d’éventuels migrants | Photo : Andrew Matthews/AP/picture-alliance

Trois hommes ont été mis en examen, jeudi, pour trafic d'êtres humains par un tribunal de Reading. Ils sont accusés d'être à la tête d'un réseau de passeurs faisant entrer des migrants au Royaume-Uni à bord de camions. Ils avaient été arrêtés, mardi, en même temps qu'un quatrième homme lors de plusieurs raids menés par la National Crime Agency.

Ce seraient trois des têtes pensantes d'un réseau de passeurs qui envoyait des migrants au Royaume-Uni dans des remorques de camions. Najib Khan, Arshad Hussain et un troisième homme que la police n'a pas nommé ont comparu, jeudi 14 juillet, devant le tribunal de Reading, à l'ouest de Londres. Ils ont été mis en examen pour trafic d'êtres humains, a indiqué la National Crime Agency.

Les trois accusés ont été arrêtés mardi matin, avec un quatrième homme, lors de plusieurs raids menés par la National Crime Agency dans l'est de Londres et dans l'Essex. La quatrième personne a été libérée mais l'enquête se poursuit également à son sujet.

Ces arrestations font suite à un autre coup de filet de la police britannique. Kaiwan Poore, un ressortissant britannique d'origine iranienne âgé de 37 ans, a été arrêté, mercredi 13 juillet par la police à l'aéroport de Manchester alors qu'il s'apprêtait à embarquer sur un vol pour la Turquie, rapporte le média en ligne GBNews.

Recherché par la National Crime Agency, il a été arrêté grâce à la collaboration de la police française.

Enquête internationale

Son arrestation s'inscrit dans le cadre d'une vaste enquête internationale qui a mené à l'interpellation de 39 personnes dans cinq pays, au cours de la semaine dernière. Cinquante adresses ont été fouillées en France, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni au cours d'une série de perquisitions coordonnées.

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"Ces personnes sont soupçonnées de jouer un rôle important dans la chaîne d'approvisionnement, le recrutement de migrants et la préparation des embarquements depuis le continent européen vers le Royaume-Uni", avait précisé l'agence Europol, interrogée par InfoMigrants à la suite de cette opération.

Ces opérations ont également permis de saisir 135 bateaux, ainsi que 45 moteurs et 1 200 gilets de sauvetage. En échange de la traversée, les suspects demandaient en moyenne 2 500 à 3 500 euros par personne, une somme qui variait selon la nationalité des migrants.

D'après les premiers éléments de l'enquête, jusqu'à 15 embarcations pouvaient être envoyées presque en même temps. Au cours des 18 derniers mois, environ 10 000 migrants auraient rejoint le Royaume-Uni par ce biais. Un business juteux dont le chiffre d'affaires est estimé, pour l'heure, à 15 millions d'euros. "On estime que le réseau représentait à peu près la moitié du marché du trafic de migrants avec l'aide de bateaux pour traverser la Manche", a affirmé Ina Mihaylova, chargée de communication d'Europol.

Un nombre de traversées record

Selon les autorités britanniques, ces opérations pourraient ralentir temporairement l'intensité des passages de bateaux sur la Manche. Mais, pour le moment force est de constater que leur effet est limité. Avec les températures estivales, le nombre de traversées de la Manche à bord de "small boats" atteint des records.

Près de 440 migrants ont été récupérés en une seule journée par les autorités britanniques après leur départ des côtes françaises, lundi 11 juillet. Selon les chiffres de la BBC, ce nouveau sauvetage porte à plus de 13 700, le nombre de personnes ayant traversé la Manche et atteint l'Angleterre depuis le début de l'année 2022.

Et depuis les raids du 5 juillet, plus de 1 300 personnes ont traversé la Manche dans des dizaines de petites embarcations.

 

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