Un contrôle de police dans la vallée de la Roya. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Un contrôle de police dans la vallée de la Roya. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Deux personnes, vraisemblablement migrantes, ont été renversées au bord de l’autoroute A8, près de Menton, à la frontière franco-italienne, dans la nuit de samedi à dimanche. Un homme a succombé à ses blessures sur les lieux de l'accident et une femme a été évacuée dans un état grave. Pour l’association Tous citoyens, la région est devenue "une zone de non-droit meurtrière".

Nouvelle victime à la frontière franco-italienne. Vers 1h du matin dimanche 17 juillet, deux personnes ont été renversées le long de l’autoroute A8 près de Roquebrune-Cap-Martin, une des premières villes françaises depuis l’Italie voisine. Un homme a succombé à ses blessures sur les lieux de l'accident, tandis que la femme qui l'accompagnait a été transportée à l'hôpital dans un état grave, indique à InfoMigrants la préfecture des Alpes-Maritimes, confirmant une information de Nice matin. Les deux piétons auraient tenté de traverser les voies quand la voiture "circulant en direction de l'Italie" est arrivée dans cette zone peu éclairée.


Carte de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne. Crédit : studio graphique FMM
Carte de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne. Crédit : studio graphique FMM


Selon le média local, les corps ont été retrouvés sans documents d’identité, laissant penser que ces personnes étaient entrées en France de manière illégale. "Cet accident [est] survenu dans un secteur où les passeurs déposent fréquemment des migrants", signale la préfecture.

Une enquête a été ouverte pour identifier les deux exilés, qui "semblent assez jeunes", précise encore Nice matin.

Des drames "évitables"

David Nakache, président de l'association Tous citoyens, déplorent de son côté des drames qui "pourraient être évités" si "les autorités françaises respectaient la loi et le droit d’asile".

Sur le tronçon de 32 km allant du poste-frontière jusqu’à Nice, les migrants sont régulièrement interpellés par les forces de l’ordre et renvoyés manu militari côté italien, sans avoir la possibilité de déposer une demande de protection.

>> À (re)lire : "Des pratiques illégales" : les zones d'ombre d'un local de la Police aux frontières française basé en Italie

Pour éviter d’être repérés et refoulés de l’autre côté de la frontière, les exilés se cachent et prennent tous les risques, au péril de leur vie. Ils montent sur le toit des trains, traversent la montagne ou empruntent des routes dangereuses, le plus souvent la nuit, pour échapper aux policiers et gendarmes. Pour David Nackache, cette région est devenue au fil des années "une zone de non-droit meurtrière". Le militant réclame l'ouverture de voie légale pour les personnes cherchant à trouver refuge en France.

Le dernier accident remonte à février, quand le corps carbonisé d’un homme avait été retrouvé sur le toit d’un train régional qui reliait la ville italienne de Vintimille à la France. Depuis 2015, au moins 30 personnes ont perdu la vie à la frontière franco-italienne, d'après les associations.

Mais le chiffre pourrait être plus élevé car le nombre de morts n’est plus systématiquement recensé par les médias et les autorités. Certains décès passent ainsi en dehors des radars. David Nackache dénonce des drames qui se produisent désormais dans "l’indifférence générale" et qui "n’émeuvent plus personne".

 

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