Le Sea Watch 3 a secouru plus de 400 personnes le week-end dernier au large des côtes libyennes. Crédit : Sea-Watch
Le Sea Watch 3 a secouru plus de 400 personnes le week-end dernier au large des côtes libyennes. Crédit : Sea-Watch

Le port de Tarente, dans le sud de l’Italie, a été assigné jeudi comme lieu de débarquement pour les 439 migrants à bord du Sea Watch 3. L’Ocean Viking, avec 387 exilés, et le Geo Barents, avec 659 personnes, attendent quant à eux toujours de se voir attribuer un port sûr.

Le Sea Watch 3, de l’ONG allemande éponyme, va enfin pouvoir débarquer dans un lieu sûr. Les autorités italiennes ont autorisé jeudi 28 juillet le navire humanitaire à jeter l’ancre à Tarente dans le sud du pays.

Les humanitaires, qui réclamaient depuis lundi un port de débarquement, se disent soulagés. Cependant, le Sea Watch 3 naviguait, au moment de l’annonce, près des côtes siciliennes et ne se trouvaient pas à proximité de la péninsule. Pour atteindre ce port, presque deux jours de navigation sont nécessaires. "Plus d’heures inutiles que les personnes à bord doivent endurer dans la chaleur", déplore sur Twitter Sea-Watch.

Le navire a porté assistance à 444 migrants lors de cinq opérations de sauvetage survenues entre samedi et dimanche au large de la Libye. Cinq d’entre eux ont été évacués ces derniers jours par les garde-côtes italiens pour recevoir des soins dans un hôpital, portant à 439 le nombre d’exilés toujours à bord.

Plus de 1 000 autres migrants toujours en attente

Sea-Watch rappelle que plus de 1 000 autres personnes, dont environ 300 mineurs, attendent toujours de fouler la terre ferme. L’Ocean Viking, de SOS Méditerranée, a secouru 387 migrants, entre dimanche et lundi, au cours de cinq opérations en Méditerranée centrale. Le Geo Barents, de Médecins sans frontières, a quant à lui pris en charge 659 exilés lors de 11 opérations, dont la dernière a eu lieu jeudi après-midi.

L’équipage des deux navires demandent depuis plusieurs jours l’autorisation d’accoster en Italie, en vain. À bord, les températures élevées et le soleil rendent les conditions de vie des rescapés difficiles. "Ils restent à l’extérieur sur le pont pour échapper à la chaleur accablante et à la foule, et ils montrent des signes croissants d’épuisement", a alerté sur Twitter Catherine, cheffe de l’équipe médicale de l'Ocean Viking. Beaucoup souffrent de déshydratation. Un enfant ne cesse de pleurer depuis son sauvetage, signale encore SOS Méditerranée.

Plus de 11 000 interceptions

Comme chaque été, la météo clémente favorise les départs depuis les côtes libyennes. Les migrants fuient ce pays où ils sont victimes de trafic, d’extorsions et de violences. Si certains sont secourus par des navires humanitaires, d'autres ont moins de chances et sont interceptés en mer par les garde-côtes libyens.

Depuis le début de l'année, plus de 11 000 exilés ont été arrêtés en Méditerranée par les forces libyennes, et jetés dans les centres de détention, lieu de torture et de privations.

La traversée, sur des petites embarcations surchargées et en mauvais état, peut aussi entrainer des drames. La Méditerranée centrale reste la route migratoire la plus dangereuse au monde. Depuis janvier, 875 exilés ont péri dans ces eaux en tentant de rejoindre l’Europe, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). Et depuis 2014, année du premier recensement, on compte près de 20 000 morts ou disparus.

 

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