Un sauvetage opéré par l'ONG OpenArms le vendredi 12 août 2022, à 25 kilomètres au large de l'île de Lampedusa. Crédit : Valerio Nicolosi, Open Arms, Twitter.
Un sauvetage opéré par l'ONG OpenArms le vendredi 12 août 2022, à 25 kilomètres au large de l'île de Lampedusa. Crédit : Valerio Nicolosi, Open Arms, Twitter.

L'ONG espagnole OpenArms a secouru 40 personnes, de nationalités soudanaise et érythréenne, vendredi. Leur embarcation avait chaviré, à moins de 30 kilomètres de l'île de Lampedusa. Malgré l'urgence et les mauvaises conditions de navigation, tous les passagers sont sains et saufs.

Quarante personnes ont été sauvées d'un naufrage par le navire Astral de l'ONG espagnole OpenArms, vendredi 12 août. Les naufragés sont des ressortissants érythréens et soudanais. Parmi eux, on dénombre deux enfants, relate le quotidien espagnol El País, qui a publié les photos du sauvetage.

L'opération de sauvetage a été conduite à 25 kilomètres environ au sud de l'île italienne de Lampedusa. Elle s'est déroulée dans des conditions chaotiques, "avec un vent fort et une mauvaise mer", a décrit OpenArms.

"Après de nombreuses tentatives pour les sécuriser, le bateau surchargé a chaviré", a également expliqué l'ONG. Dans ce contexte d'urgence, toutes les personnes ont néanmoins pu être secourues.

"Tout le monde est sain et sauf et a été transféré sur le navire des garde-côtes italiens", conclut OpenArms sur Twitter. Les garde-côtes italiens avaient aussi envoyé des sauveteurs à l'eau, aux côtés de ceux de l'ONG, selon l'agence APNews.

Les autorités alertées, "en vain"

La veille, l'avion SeaBird2 de l'ONG Sea-Watch avait déjà repéré l'embarcation à la dérive, dans la zone de recherche et de sauvetage de Malte. Les équipes de Sea-Watch avaient alors "alerté les autorités, en vain, pour aller les secourir".

"Si aucun navire de sauvetage civil n'avait été sur place, ces personnes se seraient noyées", commente Sea-Watch dans un tweet.

"Tout s'est passé en quelques minutes (...) Combien de naufrages se produisent sans qu'on le sache ?", a également réagi Oscar Camps, le fondateur d'OpenArms. Depuis 2015, cette ONG comptabilise 26 500 personnes migrantes secourues suite à des naufrages.

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Ces dernières semaines, de nombreux sauvetages d'ampleur ont été opérés au large des côtes italiennes. Le week-end du 23 et 24 juillet, plus de 600 exilés qui se trouvaient sur un bateau de pêche ont, par exemple, été secourus. En deux jours, plus de mille personnes avaient pu débarquer en Italie après avoir risqué la traversée.

Or, la route migratoire de la Méditerranée centrale est la plus dangereuse du monde. D’après l’Organisation internationale des migrations (OIM), 828 personnes y ont perdu la vie depuis le début de l’année, malgré les nombreux sauvetages en mer conduits par les autorités italiennes et les ONG.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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