L'embarcation était partie des côtes turques quelques jours plus tôt. Crédit : MSF
L'embarcation était partie des côtes turques quelques jours plus tôt. Crédit : MSF

Le navire humanitaire de Médecins sans frontières a porté assistance, dimanche, à 106 migrants en détresse au large des côtes italiennes. Ce sauvetage s’est fait en coordination avec le centre de contrôle italien, qui avait signalé l’embarcation et demandé au Geo Barents de mener l’opération.

Le Geo Barents n’a même pas au le temps d’approcher des côtes libyennes qu’il a dû effectuer une opération de sauvetage. Dimanche 21 août, les équipes du navire humanitaire de Médecins sans frontières (MSF) venaient juste de terminer des exercices d’entrainement et s’apprêtaient à rejoindre la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) libyenne quand ils ont été alertés par le centre de coordination italien.

Rome a demandé au Geo Barents de porté assistance à une centaine de migrants en détresse au large des côtes italiennes. Au total, 106 personnes ont été prises en charge par les humanitaires. Parmi les rescapés, on compte 26 femmes et 42 mineurs, dont sept jeunes enfants âgés entre un et quatre ans, précise MSF.

L'équipage attend désormais les instructions des Italiens pour débarquer les exilés dans un port du pays, et reprendre la route vers les côtes libyennes. Actuellement, seul l'Open Arms Uno, nouveau navire de l'ONG espagnole éponyme, sillonne la zone.

La route calabraise de plus en plus empruntée

L’embarcation secourue par MSF dimanche avait quitté quelques jours plus tôt la Turquie, distante de près de 2 000 km de l’Italie. La route qui mène des côtes turques vers l'extrême-sud de la botte italienne est de plus en plus empruntée par les migrants désireux de rejoindre l'Union européenne (UE) et d'éviter la Grèce, extrêmement surveillée. Au 10 août 2022, plus de 7 000 personnes avaient de cette façon débarqué sur les côtes calabraises. Elles étaient 9 700 au cours de toute l’année 2021, et 2 500 en 2020.

Les canots qui prennent cette route sont essentiellement des voiliers. D’après les témoignages recueillis par la Croix-Rouge, certains exilés embarqueraient d'abord sur ces bateaux avant d'être transférés - en cours de route - par groupe d'une cinquantaine de personnes sur des embarcations plus petites, en bois ou pneumatiques.

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Ce procédé est parfois qualifié de "traversée de première classe", en raison du type de bateaux utilisé et de la somme déboursée par les exilés : autour de 10 000 dollars pour un adulte, et 4 500 dollars pour un enfant.

Cette route n'en reste pas moins très périlleuse. Car le trajet depuis les côtes turques jusqu’en Calabre est bien plus long que celui qui relie, par exemple, la Libye à la Sicile. Pour atteindre la région, il faut compter sept jours de navigation. En novembre 2021, Hamid, un jeune homme fuyant l’Afghanistan avait assuré à l’agence de presse AP que cette traversée avait été "la pire expérience de sa vie". De nombreux cas de déshydratation ont ainsi été rapportés, certains passagers expliquant qu’ils ont été obligés de boire de l’eau de mer mélangée à du sucre.

De plus, cette partie de la mer située entre les côtes turques et la mer Ionienne, jusqu'ici peu fréquentée, n'est pas surveillée par les ONG. Il est donc plus difficile d’y détecter les naufrages qui, de fait, pourraient être plus nombreux.

 

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