Les autorités tunisiennes ont repêché cinq corps en mer après un naufrage, dont le bilan s'élève aujourd'hui à 11 morts (illustration). Crédit : FlickrCC
Les autorités tunisiennes ont repêché cinq corps en mer après un naufrage, dont le bilan s'élève aujourd'hui à 11 morts (illustration). Crédit : FlickrCC

Onze cadavres ont jusqu'ici été retrouvés par les autorités tunisiennes après le naufrage d'une embarcation survenu le 6 septembre, au large de la ville de Chebba. Le bateau était parti de la côte d'El Awabed dans la région de Sfax, avec à son bord 37 migrants tunisiens.

Macabres découvertes au large de la Tunisie. Samedi, des garde-côtes et des unités de la Marine nationale ont repêché cinq corps de personnes disparues dans un naufrage ayant eu lieu quelques jours plus tôt, dans la nuit du 6 au 7 septembre, au large de la ville de Chebba, dans le centre-est de la Tunisie. D’après l’agence de presse tunisienne TAP, au moins 11 personnes n’ont donc pas survécu au drame.

De précédents bilans avaient fait état, la semaine dernière, d'au moins six morts.

Au total, 37 personnes - toutes de nationalité tunisienne - avaient pris place dans ce bateau, parti de la côte d'El Awabed dans la région sud de Sfax. Quatorze passagers avaient été secourus après le drame, assure également la TAP. Douze personnes sont quant à elles toujours portées disparues.

Par ailleurs, 26 tentatives de migration irrégulière par voie maritime ont été déjouées par la garde nationale samedi soir, fait savoir l'agence de presse. Au total, 426 exilés ont été secourus lors de ces opérations dont 140 originaires d'Afrique subsaharienne et 284 de Tunisie. Douze bateaux et seize moteurs ont également été saisis.

Cette année, 20 018 migrants ont été empêchés de franchir les frontières maritimes, a indiqué le même jour le porte-parole de la Garde nationale, Houssemeddine Jebabli. Ces exilés sont des ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne (12 466) et des Tunisiens (7 552).

Des naufrages à répétition

Toutes ces embarcations avaient pris la mer pour l’Italie, un des principaux points d'entrée dans l'Union européenne pour les migrants venus des côtes nord-africaines. La Tunisie est d’ailleurs la première nationalité représentée par les migrants arrivés cette année sur les rives italiennes. Entre le 1er janvier et le 9 septembre 2022, sur les 62 815 personnes enregistrées par les autorités, 13 318 étaient tunisiennes. Suivaient de près les exilés égyptiens (12 289) et les migrants bangladais (9 183).

Les chiffres de cette année sont en nette augmentation, par rapport à ceux de l'an dernier. En effet, en 2021, 41 087 personnes au total avaient débarqué en Italie, d’après le ministère italien de l’Intérieur. Soit 20 000 de moins que lors des neuf premiers mois de 2022.

>> À (re)lire : Tunisie : des femmes à court de solutions réclament des réponses pour leurs fils disparus en mer

Sur cette route de la Méditerranée, sujette aux courants forts, les naufrages sont réguliers, en raison notamment du matériel de navigation, inadapté à ce type de traversée, utilisé par les candidats à l'exil. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, trois migrants morts noyés ont été retrouvés en mer au large de Gabes, au sud de la Tunisie. Ces personnes étaient portées disparues depuis le naufrage de leur embarcation, le dimanche précédent. Les garde-côtes avaient secouru 15 exilés, qui avaient alerté sur la disparition de trois autres compagnons de route.

Le 21 août, trois autres corps - de personnes originaires d'Afrique subsaharienne - ont été retrouvés près de la ville de Ras Jedir, à proximité de la frontière libyenne.

Des cadavres qui encombrent les morgues du pays, déjà saturées de corps de migrants décédés en mer. La majorité des municipalités du pays refusent d'ailleurs de prendre en charge les dépouilles des exilés. La ville de Zarzis se retrouve seule à devoir gérer l'immense majorité des corps d'exilés rejetés par la mer sur les différentes plages du sud du pays. Deux cimetières d'exilés y sont aujourd'hui visibles : ils comptent près de 1 000 corps, et arrivent, eux aussi, à saturation. 

 

Et aussi