Un navire des garde-côtes italiens accoste au port d'Empedocle en Sicile, après un sauvetage (archive). Crédit : ANSA
Un navire des garde-côtes italiens accoste au port d'Empedocle en Sicile, après un sauvetage (archive). Crédit : ANSA

Le drame a été évité de justesse. Mardi, 250 exilés en provenance du Liban ont finalement été secourus par les garde-côtes italiens. À cours d'eau et de nourriture, les passagers dérivaient depuis plusieurs jours près des côtes maltaises.

Ils étaient bloqués depuis plusieurs jours en pleine mer. Mardi 13 septembre, les 250 passagers d’un bateau situé au large de Malte ont été secourus par les autorités italiennes après une interminable attente, affirme l'ONG libanaise Legal Agenda sur Twitter.

L’embarcation, qui transportait des migrants libanais, syriens et palestiniens, avait quitté le Liban depuis la plage de Abdé dans le nord du pays. "Faute de carburants, le bateau n'a pas pu atteindre sa destination finale en Italie et se serait arrêté en mer au large de Malte." Les exilés "ont ensuite manqué d'eau et de nourriture et sont restés bloqués pendant plusieurs jours dans des conditions météorologiques défavorables, secoués par des vents violents", indique l'ONG.


Les autorités italiennes ont d’abord transféré les enfants sur le bateau de sauvetage, puis les adultes, et se sont ensuite dirigées vers l'Italie. Les rescapés y sont arrivés mardi dans la soirée.

Aucune information concernant un décès parmi les passagers n'a à ce jour été recueillie par Legal Agenda.

"Abandonnés, à la dérive" par les garde-côtes grecs

La grave crise économique qui secoue le Liban pousse de plus en plus de candidats à l’exil à quitter le pays pour l’Europe. Mais cette route en Méditerranée est très dangereuse pour ces personnes en quête d'une vie meilleure. D’après les garde-côtes turcs, six d'entre elles sont mortes lors d’un naufrage au large des côtes du sud-ouest de la Turquie, ont-ils annoncé mardi. Les victimes - une femme, trois enfants et deux bébés – avaient pris la mer avec 73 autres migrants samedi, depuis le Liban.

D’après un communiqué des garde-côtes turcs basé sur les témoignages des rescapés, les passagers avaient d’abord appelé au secours leurs homologues grecs, alors que leur bateau était en panne de carburant au large de l'île grecque de Rhodes. "Après avoir être pris à bord d'un bateau des garde-côtes grecs et dépouillés de leurs biens de valeur, [les migrants] ont été placés à bord de quatre embarcations et abandonnés, à la dérive, à proximité des eaux territoriales turques." Ils ont ensuite été secourus par les autorités turques, au large de Mugla dans le sud-ouest du pays.

Selon les témoignages des survivants, il manquerait encore cinq disparus, dont deux bébés. Les recherches sont donc maintenues sur zone, a précisé le ministère de l'Intérieur turc.

>> À (re)lire : Des migrants pris au piège des relations délétères entre la Turquie et la Grèce

Toutes ces informations sont "catégoriquement" démenties par les autorités grecques dans un autre communiqué.

Athènes et Ankara entretiennent des relations plus que tendues et s’accusent mutuellement de violer les droits des migrants​. Mais dimanche, la Grèce a reconnu avoir bloqué l’entrée de plus de 150 000 personnes sans papiers à ses frontières terrestres et maritimes depuis le début de l’année, dont 50 000 pour le seul mois d’août.

InfoMigrants recueille régulièrement des témoignages d’exilés attestant de la violence des refoulements en mer Égée de la part des garde-côtes grecs. En mai dernier, Brian*, un migrant camerounais avait raconté avoir été arrêté en mer lors d’une tentative de traversée. "Ils nous ont crié dessus et ont pointé leurs armes sur nous […] C’était vraiment horrible, j’ai eu très peur. J’ai pleuré. Je me demandais à quel moment est-ce qu’ils allaient ouvrir le feu sur nous."

*Le prénom a été modifié

 

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