Le navire Open Arms Uno a porté secours à 402 personnes lors de différents sauvetages en Méditerranée centrale. Crédit : Open Arms
Le navire Open Arms Uno a porté secours à 402 personnes lors de différents sauvetages en Méditerranée centrale. Crédit : Open Arms

Le navire Open Arms Uno a porté secours à 402 personnes lors de quatre sauvetages effectués ces derniers jours en Méditerranée centrale, a annoncé l’organisation lundi. Plusieurs rescapés nécessitent des soins médicaux et beaucoup souffrent de déshydratation. L'équipage a par ailleurs découvert le cadavre d'un homme tué par des passeurs, selon les naufragés.

Toujours et encore des sauvetages en Méditerranée centrale. Le navire Open Arms Uno, de l’ONG espagnole éponyme, a porté secours à 402 personnes lors de différentes opérations, a annoncé l’organisation lundi 19 septembre, précisant qu’elles se trouvaient dans des embarcations impropres à la navigation.

Le navire est désormais à la recherche d’un port sûr où débarquer les rescapés. D’après Laura Lanuza, porte-parole d’Open Arms cité par l’agence AP, plusieurs d’entre eux nécessitent des soins médicaux et beaucoup souffrent de déshydratation. Au moins deux requêtes ont été adressées à Malte pour l’attribution d’un port, restées sans réponse.

Au total, le navire a procédé à quatre sauvetages ces derniers jours. Dans la nuit de dimanche à lundi, 30 migrants ont été secourus dans les eaux internationales, a annoncé prises en charge au sud de Malte. Cette opération a duré près de cinq heures. Les rescapés ont indiqué qu’ils se trouvaient en mer depuis quatre jours.

Le bateau surchargé avait auparavant été repéré par l'avion de surveillance de l'association française Pilotes volontaires, qui parcourait la zone à la recherche de migrants en détresse. Une photo prise à ce moment-là avait montré des personnes entassées faisant des gestes pour appeler à l’aide.

Le cadavre d’un homme, tué par des passeurs, retrouvé dans un bateau

L’Open Arms avait auparavant secouru 59 exilés, originaires de Syrie, du Soudan et d’Érythrée, parmi lesquels 10 mineurs, qui s’étaient réfugiés sur une plateforme pétrolière dans les eaux internationales près de la Tunisie.

Le cadavre d’un homme, qui faisait partie de ce groupe, a par ailleurs été retrouvé, toujours selon l’ONG. L'organisation a précisé que cet homme avait été tué par balle par des passeurs lorsque le groupe se trouvait encore à terre.

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"Les passeurs ont forcé les gens à prendre le cadavre avec eux, a déclaré Laura Lanuza. Ils ont passé une journée environ en mer et ont gardé le cadavre jusqu’à ce qu’ils soient sauvés."

Samedi matin, 19 autres migrants, dont 16 Syriens, ont été sauvés au large des côtes libyennes. Un photographe de l’agence AP, présent à bord de l’Open Arms, a expliqué que durant chaque sauvetage, des personnes désespérées se jetaient à l’eau, ce qui compliquait les manœuvres.

Le Sea Watch 3 a, de son côté, débarqué dimanche à Reggio de Calabre, en Italie, les 428 rescapés qui se trouvaient à son bord depuis plusieurs jours. "Nous avons réussi ! (…) Tous nos passagers ont débarqué aujourd'hui, a tweeté Sea-Watch. Pour l’équipage, il est maintenant temps de se reposer un peu puis de préparer le navire pour notre prochaine mission."

Le Sea-Eye 4 a, lui, pu débarquer vendredi à Tarente, en Italie aussi, les plus de 100 naufragés qu’il transportait.

À bord du Humanity 1, "le ravitaillement s'épuise"

Le nouveau navire en mer Humanity 1, de l’ONG SOS Humanity, continuait quant à lui ce lundi de naviguer dans l’attente d’un port sûr, avec 398 personnes à bord. L’équipage a effectué 13 demandes d’attribution de port, a déclaré l’organisation sur Twitter vendredi, sans succès.

Lundi, l’ONG a affirmé que trois enfants et leurs mères avaient toutefois pu être évacués. "Les trois plus jeunes bébés à bord (deux d’un an et demi, et un de cinq mois) ont dû être évacués pour des raisons médicales, a-t-elle indiqué. Ils sont faibles à cause de la situation stressante et du manque de lait en poudre approprié. Ses trois mères ne peuvent pas allaiter à cause de l'épuisement."

À bord, la situation reste "critique", précise par ailleurs l'équipage. "Le ravitaillement s'épuise, les membres d'équipage sont également malades, le mauvais temps approche. Nous sommes particulièrement préoccupés par les 55 enfants de moins de 13 ans et les 110 mineurs non accompagnés."

À la date du 18 septembre, 94 745 migrants ont rejoint l’Europe (Italie, Grèce, Espagne, Chypre, Malte) depuis le début de l’année en passant par la mer, selon des chiffres du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). D'après des estimations, considérées comme basses par les experts, 1 207 personnes sont mortes ou ont disparu dans ce laps de temps sur la route de l’exil.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée centrale reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde. 

 

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