Aboubakar Soumahoro lors d'une manifestation en soutien aux migrants. Crédit : ANSA
Aboubakar Soumahoro lors d'une manifestation en soutien aux migrants. Crédit : ANSA

De justesse, le militant d’origine ivoirienne a été élu député lundi 26 septembre, sauvé par le vote à la proportionnelle.

"Notre rêve commun arrive au Parlement", a écrit sur les réseaux sociaux Aboubakar Soumahoro dans un message de victoire accompagné d’une photo de lui le poing levé. L’officialisation du résultat a eu lieu lundi 26 septembre : le syndicaliste et militant des droits de l’homme est aujourd’hui député.

Mais cette victoire ne s’est pas faite sans frayeur. D’abord donné perdant derrière la candidate de Fratelli d’Italia, Daniela Dondi, le candidat de l’alliance Verts-Gauche a été repêché grâce au mode de scrutin italien qui nomme un tiers des députés au vote uninominal, puis le reste à la proportionnelle.

"Les rêves peuvent devenir réalité"

Originaire de Côte d’Ivoire, il est arrivé en Italie en 2002 et entre-temps, M. Soumahoro est devenu l’une des rares personnalités noires de la politique italienne. D’abord ramasseur de tomates dans les Pouilles, une région du sud du pays, le quadragénaire a puisé dans son passé cette énergie pour son combat : "J'ai connu les mêmes frustrations, les mêmes humiliations, les mêmes inquiétudes qu'un grand nombre de jeunes Italiens".

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"Je ne suis personne, je suis juste quelqu'un qui s'inscrit dans une lutte collective où l'on veut croire que les rêves peuvent devenir réalité", avait dit celui qui défend des mesures en faveur du climat et de la justice sociale et contre le racisme et la pauvreté.

Cette victoire a été saluée par plusieurs personnalités de gauche, notamment car elle intervient dans le cadre d’une victoire de l’alliance des droites formées par Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni, la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi.

Député de l’opposition

Au Parlement, il compte d’ores et déjà faire de certains sujets son cheval de bataille. Lors de sa campagne, il défendait un "plan national d'urgence pour le travail" ou encore une "licence alimentaire" imposant que soit mentionné sur l'emballage des aliments s'ils ont été produits, ou non, sans exploitation des travailleurs.

Et concernant ce contre quoi il compte se battre, il évoquait les décrets sécurité adoptés en 2018 et 2019 et qui introduisent la suppression du permis de séjour pour raisons humanitaires, des fonds pour le rapatriement des migrants en situation irrégulière ainsi que des restrictions en matières de sauvetage des migrants en mer. Autant dire qu’avec le programme promis par l’alliance des droites, l’ancien travailleur des champs n’a pas fini de batailler. 

 

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