La brigade de police judiciaire du Maroc a arrêté une vingtaine de suspect dans une affaire de trafic de faux visas. Crédit : WikimediaCC
La brigade de police judiciaire du Maroc a arrêté une vingtaine de suspect dans une affaire de trafic de faux visas. Crédit : WikimediaCC

Les autorités marocaines ont arrêté une vingtaine de personnes soupçonnées d’être impliquées dans un réseau de falsification de documents, destinés à des demandes de visa Schengen.

Le Maroc a mené une nouvelle opération coup de poing contre des réseaux criminels liés à l’organisation de migrations clandestines vers l’Union européenne en falsifiant des demandes de visa Schengen.

Une vingtaine de prévenus ont été placés en garde à vue après leur interpellation ce vendredi dans différentes régions du pays. Les opérations se sont déroulées simultanément d’ouest (Rabat, Sala Al Jadida), en est (Jarada, Oujda), en passant par le nord du pays (Nador, Martil).

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a assuré dans un communiqué publié samedi que tous les mis en cause avaient été arrêtés. Parmi eux figure par exemple le directeur d’une agence de programmation des demandes de visas de la ville de Nador, précise-t-il.


Un trafic organisé

Faux tampons d’établissements publics et bancaires, imitations de documents officiels, passeports volés, relevés bancaires… La Brigade de police judiciaire marocaine affirme avoir par ailleurs mis la main sur du matériel servant à constituer de faux dossiers de demande de visa Schengen. Les perquisitions ont également permis la saisie d’importantes sommes d’argent en dirhams marocains et en devises étrangères, ainsi qu’une quantité non déterminée de résine de cannabis (chira).

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Le réseau en question aurait délivré contre rémunération des rendez-vous de demande de visa ainsi que des dossiers falsifiés et des papiers d’identité volés à des candidats à la migration pour camoufler des opérations de migrations clandestines.

Mobilisation des services marocains

Fin août, six individus avaient été interpellés dans la ville d’Oujda, près de la frontière algérienne, pour liens présumés avec un réseau criminel au mode opératoire similaire. Aucun lien entre ces deux opérations n’a à ce stade été établi.


Le parquet tente désormais de déterminer d’éventuelles ramifications de ce réseau criminel et d’interpeller tous les individus impliqués, poursuit le communiqué. Les services de la DGSN et de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) affirment déployer "des efforts intenses et soutenus" pour lutter contre les réseaux d’immigration clandestine et de traite humaine dans le pays.

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Le Maroc reste une zone importante de départ de migrants africains vers les îles Canaries - territoire espagnol dans l'ouest du pays, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ou la route de la Méditerranée occidentale, alors que le détroit de Gibraltar sépare d'une quinzaine de kilomètres seulement les rives marocaines des côtes espagnoles.

 

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