Denis Charlet, AFP (archives) | Des migrants dans un champ, non loin du port du Calais.
Denis Charlet, AFP (archives) | Des migrants dans un champ, non loin du port du Calais.

Le Conseil d'État a validé lundi des mesures d'aide aux migrants, contestées par la ville de Calais et le ministère de l'Intérieur, en jugeant que leurs conditions de vie les exposaient "à des traitements inhumains ou dégradants".

Les associations d’aide aux migrants ont obtenu gain de cause : le Conseil d'État a validé, lundi 31 juillet, des mesures enjoignant les autorités à mettre en place des accès à l'eau pour les migrants à Calais, rejetant ainsi les appels du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et de la mairie de la ville contre cette ordonnance.

Le Conseil d’État a justifié sa décision en évoquant une "carence" des autorités "qui est de nature à exposer les personnes concernées à des traitements inhumains ou dégradants et qui porte donc une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".

Saisi en référé par onze associations et une cinquantaine de migrants, le tribunal administratif de Lille avait écarté, le 26 juin, la création d'un nouveau centre d'accueil d'urgence pour les migrants à Calais mais il avait ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d'eau et de sanitaires.

La crainte du retour de la "jungle"

Le ministère de l'Intérieur et la municipalité de Calais avaient fait appel de cette décision, car ils redoutent la réinstallation de campements sauvages, à l'image de la "Jungle". Malgré la fermeture en 2016 du centre d’accueil de migrants, plusieurs centaines de personnes se trouvent à nouveau à proximité de Calais depuis le début de l’année, note la plus haute juridiction administrative dans un communiqué.

Le juge des référés du tribunal administratif de Lille avait enjoint fin juin au préfet du Pas-de-Calais et à la commune de Calais de "créer plusieurs dispositifs d’accès à l’eau permettant aux migrants de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, ainsi que des latrines, et d’organiser un dispositif adapté d’accès à des douches", rappelle le Conseil d'État. "Il estime que c’est à bon droit que le juge des référés du tribunal administratif a prononcé les injonctions rappelées ci-dessus", ajoute le communiqué.

Avec AFP

Texte initialement publié sur : France 24

 

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