Gérard Collomb, ministre français de l'Intérieur. Crédit : Reuters
Gérard Collomb, ministre français de l'Intérieur. Crédit : Reuters

Le gouvernement français a annoncé la création de deux centres d’accueil et d’examen des situations (CAES). Ces établissements d’hébergement temporaire d’un genre nouveau sont censés faciliter et accélérer les procédures de demande d’asile en France pour les centaines de migrants qui errent toujours aux abords de l’ancienne jungle de Calais.

Un peu plus d’un mois après avoir invité les humanitaires de Calais à "aller exercer leur savoir-faire ailleurs", Place Beauvau amorce un virage à 180°. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé lundi 31 juillet l’ouverture d’ici une dizaine de jours de "deux centres d’accueil d’un type nouveau", appelés CAES, dont la mission sera d’apporter un hébergement temporaire et d’examiner sur place "les situations administratives des personnes prises en charge" afin de les "orienter vers une solution adaptée à leur situation".  

Les personnes déboutées pourront également bénéficier, selon le ministère, d’un "accompagnement au processus de retour dans le pays d’origine".

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300 places disponibles

Ce sont deux centres déjà existants qui seront transformés pour accueillir ces nouveaux pôles : l’abbaye cistercienne de Belval à Troisvaux dans le Pas-de-Calais et l’ancien hôtel Formule 1 de Bailleul dans le Nord, où le séjour sera limité à huit jours, a précisé le préfet Michel Lalande, mardi. Quelque 300 places doivent être crées au total sur les deux centres, soit davantage que la capacité actuelle des deux établissements.

En plus de pouvoir faire enregistrer leur demande d’asile et contrairement à la situation sanitaire actuelle, les migrants auront un accès à l’eau potable, à des sanitaires et devront pouvoir se nourrir, a indiqué Gérard Collomb en conférence de presse. Après des semaines de fermeté, le ministre a fait volte-face pour répondre à un arrêt du Conseil d'Etat ordonnant au gouvernement et à la ville de Calais de revoir leur gestion des centaines de migrants présents près du tunnel et des terminaux portuaires d’accès au Royaume-Uni.

"Ça ne correspond pas aux besoins"

Contacté par InfoMigrants, le ministère de l’Intérieur précise que les migrants se trouvant à Calais seront rapatriés vers les CAES afin, comme l’a souligné Gérard Collomb, d’éviter de recréer un "point de fixation" dans le secteur de l’ancienne jungle. "L’orientation vers ces centres se fera par le biais des maraudes sans inscription préalable à effectuer", explique le service de communication du ministère.

Entre surprise et scepticisme, Christian Salomé, président de l’association l’Auberge des migrants à Calais reste sur ses gardes. "On est très perplexes. On n’a rien vu venir, on se demande ce que sont ces centres. D’habitude, on a un cahier des charges pour comprendre, mais là ce n’est pas le cas", a-t-il commenté à InfoMigrants, ajoutant qu’il doutait de la réelle utilité de ces CAES. "Ça ne correspond pas aux besoins des réfugiés de Calais qui se trouvent à 90 km des futurs centres. Ce qu’ils veulent c’est passer en Angleterre, il faudrait donc les renseigner sur ce point plutôt que sur les demandes d’asile en France", fait-il valoir, affirmant être dans l’attente "d’informations concrètes et cohérentes".


 

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