Des soignantes de la clinique de Stains, en Seine-Saint-Denis, regardent la conférence de presse du 18 mars au cours de laquelle Jean Castex, le Premier ministre annonce le troisième confinement,. Crédit : Reuters
Des soignantes de la clinique de Stains, en Seine-Saint-Denis, regardent la conférence de presse du 18 mars au cours de laquelle Jean Castex, le Premier ministre annonce le troisième confinement,. Crédit : Reuters

Plus de 20% des actifs en Ile-de-France sont des travailleurs immigrés, selon une étude statistique de l'Insee (l'Institut national de la statistique et des études économiques) qui a établi une radiographie de cette main d'œuvre d'origine étrangère.

02 FRANCE _Son Mustapha TOUAHIR INSEE Travailleur immigré 0H


Ces salariés occupent massivement des emplois peu qualifiés qui se caractérisent par des conditions de travail plus contraignantes que la moyenne en termes d'efforts physiques, de taches répétitives ou des horaires décalés.

Des emplois pourtant indispensables au bon fonctionnement de la société et pour lesquels les employeurs sont confrontés à des difficultés de recrutement relève l'institut de la statistique. "Quand on regarde les emplois dans lesquels la part d'immigrés est importante, on voit des emplois comme les aides à domicile ou les ménagères, les ouvriers du bâtiment aussi... En Ile-de-France, un cuisinier sur deux est immigré", explique Mustapha Touahir, chef du service régional de l'Institut national de la statistique et des études économiques, joint par Sylvie Koffi, du service France.

C'est la France qui se lève tôt. Certains ont même été en première ligne lors de la crise sanitaire provoquée par le Covid, période pendant laquelle 76% des agents de propreté étaient immigrés soulignent encore l'INSEE. Des actifs qui se concentrent aussi en Ile-de-France, où ils représentent un peu plus de 20% de la population, soit deux fois plus que dans le reste de la France métropolitaine, précise encore Mustapha Touahir. Une main d'œuvre qui se concentre surtout en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de la métropole. Près d'un tiers de la population y vit en dessous du seuil de pauvreté. Enfin, pour la moitié, ces actifs sont originaires du continent africain : de l'Afrique de l'Ouest et centrale, de l'Algérie ou du Maroc.

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Un phénomène de déclassement 

Si cette main d'œuvre est sous représentée dans les professions intermédiaires et supérieures, il ne s'agit pas nécessairement d'une question de compétences, selon l'Insee. "On a analysé le niveau de diplôme des actifs immigrés, et on a comparé les générations entre elles et globalement on voit que les générations les plus jeunes sont plus diplômées que les moins jeunes. Une personne qui dispose d'un diplôme de niveau bac + 5 par exemple peut se retrouver sur un emploi d'ouvrier ou d'employé. Ce phénomène de déclassement est plus prononcé chez les personnes qui sont d'origine immigrée", poursuit M. Touahir. L'obligation de disposer d'un diplôme européen ou reconnu par l'Etat pour exercer certaines professions, notamment médicales peut par exemple être un handicap. En Ile-de-France, près de 40 000 travailleurs immigrés détenteurs d'un diplôme attestant d'au moins cinq années d'études supérieures occupent un emploi d'ouvrier ou d'employé, note l'Insee. Et seuls 56% des immigrés détenteurs d'une licence accèdent aux professions intermédiaires ou supérieures. Pour les non-immigrés, ce taux est de 80%, note encore le rapport.

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