Un policier a écopé d'une peine de 15 mois de prison avec sursis et 1 620 euros d'amende pour avoir publié en 2019 sur Twitter une vidéo très choquante d'un homme frappant une femme jusqu'à ce qu'elle perde connaissance (image d'illustration). Crédit : AP
Un policier a écopé d'une peine de 15 mois de prison avec sursis et 1 620 euros d'amende pour avoir publié en 2019 sur Twitter une vidéo très choquante d'un homme frappant une femme jusqu'à ce qu'elle perde connaissance (image d'illustration). Crédit : AP

Mardi à Barcelone, la justice a condamné un gendarme à 15 mois de prison pour diffusion de "fausses informations" au sujet des migrants sur les réseaux sociaux. Une première en Espagne, avec en toile de fond des accusations et agressions racistes à l'égard des immigrés.

Il s'agit du premier procès pénal pour fake news dans le pays et de la première condamnation pour diffusion de "fausses informations" sur les réseaux. Initialement, le parquet du tribunal de Barcelone avait requis deux ans de prison, mais il a finalement trouvé un accord avec l'accusé.

L'internaute - un officier de police - a accepté, mardi 8 novembre, une peine de 15 mois de prison avec sursis et 1 620 euros d'amende pour avoir publié en 2019 sur Twitter une vidéo très choquante d'un homme frappant une femme, la laissant inconsciente. Son texte accompagnant la vidéo attribuait l'agression à un mineur isolé étranger - recueilli par les services sociaux - de la ville de Canet de Mar, près de Barcelone sauf que la vidéo - et il le savait - avait en réalité été tournée en Chine. 

Le contexte de l'époque était particulier : en 2019, à la publication de ce tweet, dans cette ville, le centre d'accueil pour mineurs isolés était la cible de manifestations et d'attaques racistes des habitants alors qu'un viol venait d'être commis, et que l'un des mineurs était suspecté.

Le gendarme a du reste reconnu avoir publié cette fausse information motivée par "son animosité et son rejet des immigrés étrangers" et le délibéré relève clairement de nombreux autres tweets à caractère racistes et xénophobes. D'ailleurs, son sursis est soumis à trois conditions : ne pas commettre de nouveau délit, suivre un cours de rééducation contre les discriminations, et ne plus publier de contenu haineux sur les réseaux.

Une procédure disciplinaire engagée contre l'internaute

Cette condamnation fait beaucoup réagir depuis mardi, à commencer par les supérieurs de cet internaute qui travaillait à Canet de Mar. Selon la télé catalane, la Guardia Civil - la gendarmerie - a appris la condamnation de son agent avec ce verdict mardi et elle vient d'ouvrir une procédure disciplinaire.

L'affaire avait été portée en justice par le service catalan de protection de l'enfance, responsable de ces centres pour mineurs, et poursuivie par un procureur de Barcelone qui semble décidé à combattre ces fausses informations à caractère raciste. Une femme doit d'ailleurs prochainement être jugée pour avoir publié une vidéo évoquant l'agression d'une professeure catalane par des migrants alors que l'incident a eu lieu au Brésil.

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