© Amira Souilem / RFI | Des manifestants à Tunis, le 23 novembre 2022.
© Amira Souilem / RFI | Des manifestants à Tunis, le 23 novembre 2022.

Deux mois après la disparition d’une embarcation qui avait à son bord 18 Tunisiens, la douleur des familles se transforme en colère. Elles dénoncent l’inaction des autorités dans ce dossier et demandent à ce que la vérité soit faite sur ce naufrage. Un rassemblement se tenait mercredi en plein cœur de Tunis.

Avec notre correspondante à Tunis, Amira Souilem

« Nous voulons la vérité, toute la vérité », ont martelé les personnes présentes au rassemblement qui s’est tenu devant le théâtre municipal de Tunis. Dans la foule, des habitants de Zarzis, dont sont originaires les disparus, des habitants de la capitale et aussi des migrants subsahariens, sont rassemblés.

Tous veulent savoir ce qu’il s’est passé en mer en septembre dernier. « Mon frère s’appelle Seifeddine, il a 25 ans. On l’a retrouvé enterré dans le cimetière dit "des inconnus de Zarzis". On l’a trouvé par nos propres moyens et c’est nous qui avons demandé que des tests ADN soient faits. C’est nous qui avons retrouvé les cadavres. En mer aussi, c’est nous qui les avons cherchés et trouvés. Les autorités n’ont rien fait », s’indigne Yosra, 21 ans, le regard dans le vague et une photo de son frère dans la main.

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« Nous allons arracher nous-mêmes les droits de nos enfants »

Pourquoi certains corps ont été enterrés sans identification ? Par qui ? Et où sont les huit cadavres manquants ? Les questions sont nombreuses. Alors que le président tunisien détient les pleins pouvoirs, c’est sur lui que se concentre la colère. Ainsi que sur l’Union européenne.

Imed Soltani, le président de l’association « Une terre pour tous », indique ne « plus rien attendre » de Kaïs Saïed. « On n’a plus aucune confiance en lui. Nous allons arracher nous-mêmes les droits de nos enfants. Mais nous sommes aussi encerclés par cette politique de fermeture des frontières de l’Union européenne. C’est aussi cela qui tue des migrants et c’est un dossier prioritaire », ajoute-t-il.

Après le rassemblement, des associations tunisiennes se sont mises en route pour Zarzis où elles ont prévu de présenter leurs condoléances aux familles des disparus de l’embarcation. 

 

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