Lesbos, en Grèce. Crédits : France 24.
Lesbos, en Grèce. Crédits : France 24.

La justice grecque a autorisé un réfugié et une demandeuse d’asile à se marier, malgré l’absence de certains documents, a annoncé mardi le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU. Une première qui établit un précédent pour les droits sociaux des migrants.

C’est une histoire d’amour singulière que vivent Mahmoud, 23 ans et Amani, 21 ans, tous deux Syriens. Le couple qui s'était rencontré en 2016 dans le camp de Kara Tepe sur l’île de Lesbos en Grèce s’est dit "oui" à l’issue d’une bataille judiciaire pour faire valoir leur union, lui étant réfugié et elle, demandeuse d’asile.

Après un mariage traditionnel, les jeunes amoureux se sont heurtés au refus des autorités municipales qui réclamaient à Amani un certificat de célibat et son acte de naissance, égaré lorsqu’elle a fui la Syrie.

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Ouvrir la voie à d’autres droits sociaux

L’ONG HIAS de défense des réfugiés s’est alors saisie de l’affaire, revendiquant le droit constitutionnel de la jeune Syrienne à fonder une famille. Un argument qui a été entendu puisque le tribunal local a finalement donné raison au jeune couple, le mois dernier, déclarant que l’absence des papiers requis ne pouvait pas, à elle seule, empêcher l’union.

"C'est la première fois qu'une telle décision est rendue en faveur d'un demandeur d'asile depuis le début en 2015" de l'exode moyen-oriental vers l'Europe, a commenté le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

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L’HIAS se félicite également de la nouvelle. Selon Vassilis Kerasiotis, directeur de la branche grecque de l’organisme, ce mariage ouvre la voie à une reconnaissance d'autres droits sociaux pour les demandeurs d'asile en Grèce : "Cette décision de justice est la reconnaissance du droit constitutionnel de tout être humain vivant sur le territoire grec d'établir une famille, en accord avec la Convention européenne des droits de l'Homme".


 

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