Deux à cinq ans d'emprisonnement ferme ont été prononcés par le tribunal de Bordeaux à l'encontre des accusés. Crédit : Flickr
Deux à cinq ans d'emprisonnement ferme ont été prononcés par le tribunal de Bordeaux à l'encontre des accusés. Crédit : Flickr

Au terme d'une enquête de 18 mois, 11 membres d'un réseau indo-pakistanais d'aide à l'immigration irrégulière, qui opérait principalement entre le Portugal et la France, ont été condamnés jeudi à des peines de prison allant de deux à cinq ans par le tribunal de Bordeaux. Neuf convois opérés par cette filière avaient été interpellés en flagrant délit.

Onze membres d'un réseau de passeurs indo-pakistanais basé à Lisbonne ont écopé de peines de prison lors de leur procès devant le tribunal de Bordeaux, a indiqué à l'AFP une source policière vendredi 9 décembre. Tous ont été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans d'emprisonnement ferme.

Les prévenus, trentenaires pour la plupart, étaient en majorité d'origine indienne ou pakistanaise, avec un Togolais et une Brésilienne, selon la source policière. La tête de réseau, âgée de 45 ans, avait la nationalité portugaise. Parmi les onze accusés, deux sont en fuite avec un mandat d'arrêt. Les peines ont été assorties d'une interdiction définitive de territoire.

Le procès de cette filière qui agissait entre le Portugal, la France, l'Allemagne et la Belgique s'est déroulé de lundi à jeudi, au terme d'une instruction menée par la Juridiction interrégionale spécialisée.

"110 voyages aller-retour" entre Lisbonne et Paris

Cette enquête a été menée de juin 2020 à septembre 2021 par la brigade mobile de recherche rattachée au service de police aux frontières d'Hendaye (Pyrénées-Atlantiques).

Au cours des 18 mois d'investigations, "110 voyages aller-retour" entre Lisbonne et Paris, dans les deux sens, ont été recensés. Ils étaient effectués en convois par plusieurs véhicules de 5 à 9 places transportant des étrangers en situation irrégulière, jusqu'à 40 à la fois. Une autre branche du réseau pouvait acheminer les clandestins en Belgique ou en Allemagne.

>> À (re)lire : "Une seule traversée de la Manche générait entre 70 et 80 000 euros de bénéfices" : un réseau de passeurs démantelé en région parisienne

Neuf convois ont été interpellés en flagrant délit entre le Pays basque et la Seine-Saint-Denis. La police estime qu'entre 550 et 1 320 personnes ont pu être transportées par le réseau, pour un chiffre d'affaires compris entre 247 500 et 594 000 euros sur la période d'enquête. Le trajet entre la France et le Portugal était facturé entre 300 et 450 euros, l'acheminement en Allemagne 600 euros.

Des faux papiers pour 10 000 euros par personne 

Cette filière "d'installation" fournissait également des faux documents administratifs aux clandestins à des fins de régularisation de leur situation au Portugal, pour environ 10 000 euros par personne, selon une source proche du dossier. Les chauffeurs, avec lesquels les organisateurs communiquaient par messagerie cryptée, disposaient de faux permis de conduire des Émirats arabes unis.

Cette affaire en rappelle une autre, récente. Dans la nuit du 18 au 19 novembre, la Police aux frontières (PAF) de Hendaye, à la frontière avec l’Espagne, et les services des douanes, avaient interpellé trois véhicules transportant un total de 35 migrants indiens, pakistanais et bangladais en direction de Paris. Quelque 14 personnes se trouvaient dans le premier véhicule, onze dans le second et six dans le troisième, d’après la radio France Bleu pays basque. Tous étaient des ouvriers agricoles.

Les trois passeurs indiens, qui transportaient ces migrants depuis le Portugal, ont été jugés le 21 novembre dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate. Ils ont, pour leur part, écopé de huit mois de prison ferme et de dix ans d'interdiction du territoire français.

 

Et aussi