Le procureur de la République de Pointe-à-Pitre a ouvert mercredi une enquête pour homicides involontaires après le naufrage d’un bateau de migrants au large de la Guadeloupe. Trois personnes sont mortes dans l’accident et 13 autres sont portées disparues.
Un "bateau immatriculé" en Guadeloupe a chaviré mardi 28 mars au large des côtes de Saint-Kitts-et-Nevis, des îles situées au nord de l’archipel guadeloupéen. Les circonstances du naufrage sont "encore mal déterminées" mais le chavirage a "occasionné la mort de trois personnes et la disparition de 13 autres", selon un bilan provisoire, a indiqué le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, Patrick Desjardins, dans un communiqué. Le navire transportait 32 passagers, tous anglophones.
L'antenne Martinique du CROSS Antilles-Guyane participe activement depuis mardi aux opérations de recherche conjointement avec les autorités de Saint-Kitts et Nevis pour retrouver d’autres corps. Un navire français est engagé sur zone et mercredi, un avion des garde-côtes néerlandais a effectué un survol de la zone. Il a été relayé dans l'après-midi par un avion des douanes françaises.
Les deux paquebots de croisière détournés dans la journée de mardi pour porter secours aux naufragés ont quant à eux quitté le secteur, a précisé la préfecture de Martinique.

Des arrivées de migrants rares en Guadeloupe
Afin de faire la lumière sur cette affaire, une enquête a été ouverte mercredi par le parquet pour "homicides involontaires par manquement délibéré à une obligation de sécurité, blessures involontaires par manquement délibéré à une obligation de sécurité, traite des êtres humains en bande organisée", a ajouté le procureur. Elle a été confiée conjointement à la section de recherches de la gendarmerie de Guadeloupe et à la gendarmerie maritime.
L’investigation devrait permettre d’en savoir plus sur l’identité des victimes et leurs nationalités. Pour l’heure, les autorités n’ont pas pu les déterminer avec certitude.
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Les arrivées de migrants en Guadeloupe sont rares. L’île française, située au milieu de la mer des Caraïbes, voit bien débarquer des Haïtiens mais de manière extrêmement limitée. En 2021, une embarcation composée d’une soixantaine de personnes, majoritairement originaire d’Haïti, s’était échouée au large de la Guadeloupe. Le dernier évènement de ce type remontait à 2019, avait expliqué à InfoMigrants le sous-préfet André Bruno.
En février dernier, la Guadeloupe a été pointée du doigt par les associations. Les humanitaires dénonçaient les renvois de migrants, notamment haïtiens, dans leur pays d’origine. Et ce, malgré les appels des Nations unies à suspendre les renvois vers ce pays en raison d’une aggravation de la crise sociale, politique et sanitaire dans le pays.