De nombreux migrants partent des côtes tunisiennes, comme ici à Zarzis, pour tenter de rejoindre l'Europe. Crédit : InfoMigrants
De nombreux migrants partent des côtes tunisiennes, comme ici à Zarzis, pour tenter de rejoindre l'Europe. Crédit : InfoMigrants

Trois embarcations ont fait naufrage jeudi au large des côtes tunisiennes, a déclaré un magistrat du tribunal de Sfax. Un premier bilan fait état de trois morts et d’au moins 12 disparus.

Selon les autorités tunisiennes, trois embarcations ont fait naufrage jeudi 22 juin au large des côtes tunisiennes, a déclaré un magistrat du tribunal de Sfax. Un premier bilan fait état de trois morts et d’au moins 12 disparus.

Dans le même temps, la garde-côtière a secouru 152 autres personnes, a ajouté le juge Faouzi Masmoudi.

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Sfax, deuxième ville de Tunisie, est le point de départ d’un grand nombre de traversées irrégulières vers l’Italie. Certaines portions du territoire tunisien se trouvent à moins de 150 km de l’île italienne de Lampedusa et des tentatives de migration clandestine de personnes originaires d’Afrique subsaharienne sont régulièrement enregistrées.

Nombreux drames

Les naufrages et drames se succèdent dans la zone. Le 9 juin, les corps de neuf Africains subsahariens ont été récupérés en mer Méditerranée. Les victimes étaient parties de la ville de Teboulba dans le gouvernorat de Monastir (centre-est de la Tunisie). 

En mars, 39 corps, dont ceux de quatre enfants, ont été repêchés au large de la Tunisie. Un peu plus tôt, en février, les dépouilles de 12 migrants, dont un bébé, ont été retrouvées à bord d'une embarcation. Un article de Mediapart avait publié aussi la photo du corps d’une enfant retrouvée sur une île de Kerkennah, en décembre dernier, dans la même position que le petit Alan Kurdi en 2015. 

Dans ce contexte, le ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin, a annoncé lundi 19 juin une aide de près de 26 millions d’euros à la Tunisie pour lutter contre l’immigration clandestine. Cette "aide bilatérale dédiée aux questions migratoires" va permettre à Tunis de lutter contre les tentatives de traversées illégales via l’achat d’équipements, des formations de policiers et garde-frontières tunisiens.

Cette aide vient s'ajouter à une enveloppe d’au moins 100 millions d’euros annoncée il y a une semaine par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.