Après ses déclarations de février qui avaient été suivies de violences intenses contre les migrants subsahariens, le président tunisien a réitéré cette semaine son opposition à leur présence sur le sol national. Alors que la saison estivale propice aux départs débute, la ville de Sfax est devenue le point de ralliement des migrants en quête d’Europe. Et les tensions montent sur place.
Avec notre correspondante à Tunis, Amira Souilem
"Mais pourquoi choisissent-ils Sfax ?" C’est la question posée, lundi 26 juin, par Kaïs Saïed. Dans un communiqué de la Présidence diffusé sur Facebook, l’homme fort de Carthage s’est à nouveau érigé contre la présence de migrants subsahariens dans son pays.
Il a mandaté son ministre de l’Intérieur pour lutter contre un phénomène qui, selon lui, crée un climat d’insécurité en Tunisie, le président allant jusqu’à parler de migrants qui "terrorisent" les citoyens tunisiens.
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Une prise de position qui rappelle celle du 21 février quand le président tunisien pourfendait déjà l’immigration clandestine, la présentant comme une menace démographique pour son pays. Le chef de l’État avait alors affirmé que la présence de "hordes" d’immigrés clandestins venant d’Afrique subsaharienne était source de "violence et de crimes".
Cette nouvelle sortie intervient alors que des rassemblements anti-migrants ont eu lieu à Sfax ce week-end. Organisés par des habitants et par une frange de l’opposition, ils entendaient mettre la pression sur les pouvoirs publics afin de trouver une solution à la situation sur place. De plus en plus, des accrochages et même affrontements entre Tunisiens et Subsahariens sont rapportés.
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Ces discours anti-migrants accroissent le nombre de départs vers l’Europe. Face à un climat délétère, de plus en plus de migrants subsahariens décident de tenter la traversée de la Méditerranée.