Image d'archives du camp de la Linière de Grande-Synthe, en octobre 2016, avant que ce dernier soit incendié. Crédit : Mehdi Chebil
Image d'archives du camp de la Linière de Grande-Synthe, en octobre 2016, avant que ce dernier soit incendié. Crédit : Mehdi Chebil

Un campement sauvage situé à Grande-Synthe, dans le nord de la France, et où vivaient des centaines de migrants, a été démantelé ce mardi matin. La veille, le maire de la commune a annoncé sa volonté de mettre en place des "sanitaires, des points d’eau et des douches", contre l'avis du ministère de l'Intérieur.

Au petit matin, ce mardi 19 septembre, les forces de l’ordre ont démantelé le campement sauvage du Puythouck à Grande-Synthe où vivaient entre 350 et 400 migrants, loin du regard des associatifs qui étaient maintenus à l’extérieur, selon une bénévole d’Emmaüs. La veille, c’est celui de Norrent-Fontes également dans le Pas-de-Calais, qui avait été évacué. Sans surprise, l’État est resté sur la même ligne de conduite : empêcher les points de fixation à Paris comme dans le nord de la France. 

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"C’est une opération de mise à l’abri des personnes qui vivaient dans de mauvaises conditions" et une "conséquence direct des orientations données par le ministre" de l’Intérieur, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la préfecture. Selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) à Paris, "l’opération a été préparée en amont", de sorte que "plus de 400 hébergements ont été dégagés dans les CAO [centre d’accueil et d’orientation] pour les mises à l’abri". Une douzaine de bus ont été affrétés pour transporter les migrants vers des CAO, a précisé Claire Millot de l’association d'aide aux migrants Salam.

Des sanitaires et des douches "d’ici la fin du mois"

Cette opération intervient quelques heures seulement après un entretien entre Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, et Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. Damien Carême était reçu à Beauvau lundi 18 septembre pour demander à l’État d'aménager le camp de la Linière – détruit par les flammes en avril dernier – pour être "un accueil temporaire, de transit, le temps qu’on organise le départ vers les CAO". Mais "il y a eu un refus catégorique", a regretté l’édile à l’issue de cette rencontre. Selon le ministre de l’Intérieur, un tel lieu "conduirait à conforter les migrants dans leur volonté de partir au Royaume-Uni".

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Damien Carême, qui lors de l’ouverture du camp de la Linière en mars 2016 avait dû passer outre la réticence de l’État, ne compte pas en rester là et entend bien "installer des sanitaires, des points d’eau et des douches" dans les environs de Grande-Synthe. "Les travaux ont commencé", sur le site de l’ancien camp humanitaire et "d’ici la fin du mois de septembre le dispositif sera en place", a fait savoir le maire après son rendez-vous avec Gérard Collomb. 

Quelques minutes avant son entretien avec le ministre de l’Intérieur, le maire de Grande-Synthe avait insisté sur le fait que des centaines de migrants errent dans les bois dans des conditions déplorables, dont une cinquantaine d’enfants et une quarantaine de femmes. "On ne peut pas les laisser ainsi. La gale revient, les maladies reviennent", avait-il alors déclaré.

 

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