Frontex-Reuters
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Suite aux arrivées massives qui ont saturé le hotspot de l’île italienne de Lampedusa ces derniers jours, l’agence européenne Frontex a annoncé renforcer son soutien à l’Italie en survolant davantage les zones de départ, notamment au large des côtes tunisiennes.

"Frontex a déjà accepté de doubler le nombre d'heures de vol de ses avions qui surveillent la mer Méditerranée centrale et a proposé des images satellite supplémentaires des principales zones de départ des migrants en provenance de Tunisie", a annoncé l’agence européenne de surveillance des frontières dans un communiqué.

Des équipes d’une trentaine de personnes ont aussi été envoyées dans les villes portuaires de Reggio de Calabre et de Messine, où de nombreux migrants ont été transportés. L’objectif est de "fournir un soutien supplémentaire dans l'enregistrement et l'identification des migrants".

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Frontex envisage également d'envoyer des agents supplémentaires à Lampedusa, d'augmenter le nombre d'heures de patrouille des navires déployés dans la zone et de soutenir les efforts "visant à lutter contre les groupes criminels impliqués dans le trafic de migrants".

"Un défi collectif pour l’Europe"

Ces déclarations interviennent quelques jours après la visite d’Ursula von der Leyen à Lampedusa, dont le hotspot est saturé suite à une arrivée massive de migrants venant de Tunisie. Depuis lundi, la petite île italienne proche des côtes tunisiennes a vu près de 10 000 migrants débarqués dans son port à bord de plus de 200 embarcations.

Lors de sa visite sur l’île aux côtés de la Première ministre Georgia Meloni, la présidente de la Commission européenne a réaffirmé sa position sur la question migratoire : lutter davantage contre les réseaux de passeurs et augmenter les expulsions des migrants non éligibles à l’asile.


© Yara Nardi, Reuters | La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, lors de la visite d'un centre d'accueil pour les migrants sur l'île italienne de Lampedusa, le 17 septembre 2023.
© Yara Nardi, Reuters | La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, lors de la visite d'un centre d'accueil pour les migrants sur l'île italienne de Lampedusa, le 17 septembre 2023.


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Ainsi, l’un des leviers de son plan d’action passe par le renforcement de Frontex. Et l’agence y est favorable. "Nous collaborons activement avec les autorités italiennes et sommes prêts à renforcer notre soutien. Il ne s’agit pas seulement d’un défi italien mais d’un défi collectif pour l’Europe. Ensemble, nous assumons la responsabilité partagée de protéger les frontières extérieures de l'UE", a déclaré Hans Leijtens, directeur exécutif de Frontex.

L’agence européenne opère déjà à la recherche d’embarcations de migrants en Méditerranée, route migratoire vers l’Europe aujourd’hui la plus meurtrière. Elle a été plusieurs fois dans la tourmente pour sa participation à des pushback de la Grèce vers la Turquie. Au large de la Libye, ses actions sont aussi controversées car, selon un rapport du Forum consultatif de Frontex publié en juin, un canot sur deux repéré par Frontex est renvoyé en Libye. En clair, l’organisation a directement contacté à de nombreuses reprises les garde-côtes libyens pour que les canots n’atteignent par l’Europe et retournent dans ce pays du nord de l’Afrique, où les violations des droits des exilés sont légion.

"Une guerre sans merci" contre les passeurs

Enfin, ce jeudi, la Première ministre italienne a voulu élargir son combat au-delà des États européens. À la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, elle a appelé à lancer "une guerre sans merci" contre les passeurs, des "marchands d'esclaves du troisième millénaire", selon elle. "Je pense qu'il est du devoir de cette organisation de rejeter toute approche hypocrite de cette question et de lancer une guerre sans merci contre les trafiquants d'êtres humains", a-t-elle dit, espérant mettre fin aux arrivées massives sur les côtes de son pays.

Depuis plusieurs mois, les migrants fuient en masse la Tunisie, où ils sont la cible de violences et d'attaques racistes depuis un discours virulent du président Kaïs Saïed à leur encontre en février dernier, vers l’Italie. Depuis le début de l’année, 132 379 personnes sont arrivées en Italie, c’est presque le double par rapport à la même période l’année dernière. Et depuis 2014, plus de 28 000 personnes ont trouvé la mort dans cette dangereuse traversée - 2 340 depuis le début de l’année.

 

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