Des migrants, porte de la Chapelle, à Paris. Crédit : Mehdi Chebil
Des migrants, porte de la Chapelle, à Paris. Crédit : Mehdi Chebil

Un centre d’accueil et de "pré-orientation" de migrants a ouvert ce jeudi à Cergy-Pontoise, en banlieue de Paris. D’une capacité de 200 places, il sera chargé d’examiner la situation administrative (primo-arrivants, dublinés, déboutés…) avant de les orienter.

Pour soulager l’unique centre humanitaire de Paris, situé à Porte de la Chapelle, l’État a ouvert, ce jeudi 12 octobre, un nouveau centre d'accueil de migrants. Ce dernier, situé à Cergy-Pontoise (dans le Val d’Oise, à 40 km de Paris) aura la même vocation que le centre de Paris : accueillir les demandeurs d’asile, leur fournir de la nourriture et des soins, puis les orienter en fonction de leur situation administrative vers des lieux adaptés.

En clair, les primo-arrivants (ceux qui n’ont pas été enregistrés dans un autre pays de l’UE) seront orientés vers des centres pour demandeurs d’asile (CADA). Les "dublinés" (ceux dont la demande d’asile dépend d’un autre État européen) seront renvoyés vers le pays en charge de leur dossier. Les déboutés (ceux dont la demande d’asile a été rejetée), reconduits à la frontière. Des maraudes seront chargées de repérer les migrants et de les diriger vers le centre de Cergy-Pontoise, géré par l’association Espérer 95, où ils pourront rester une dizaine de jours.

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"Cinquante personnes sont arrivées ce matin" dans la structure d'une capacité de 200 places maximum, a déclaré le préfet du Val d'Oise, Jean-Yves Latournerie, lors d'un point-presse. À midi des hommes dormaient sur les lits picots installés sur la piste tandis que d'autres prenaient leur déjeuner dans le réfectoire aménagé dans l'ancienne cafétéria.

Faire le "tri", dénoncent les associations

Avec ce dispositif de pré-orientation, la préfecture veut d'abord régler le problème des campements de migrants à Paris, que l'ouverture du centre humanitaire il y a un an devait résoudre, mais qui sature. Elle veut également mettre à l’abri ces personnes à l’arrivée de l’hiver.

Pour les associations, ce centre de pré-orientation est aussi une manière de "ficher" plus rapidement les migrants et d’en faire le "tri". Dans son "plan migrants", annoncé en juillet, le président français, Emmanuel Macron, avait fait part de son souhait d’accélérer les procédures : traiter leurs dossiers "dès la première minute", reconduire "systématiquement" à la frontière les déboutés et transférer plus rapidement les "dublinés" vers les autres pays de l’UE. En 2016, "moins de 25 000 personnes ont quitté le territoire" sur 31 000 obligations prononcées. "Nous devons améliorer ces chiffres qui ne sont pas satisfaisants", avait ainsi déclaré le Premier ministre.

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Pour autant, ajoutait le préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot, il ne s'agit pas de "trier le bon du mauvais" migrant. Il s'agit plutôt d'assurer que chacun "puisse bénéficier des droits qu'il peut attendre en fonction de sa situation", a assuré Michel Cadot. Ces propos faisaient écho à ceux d’Emmanuel Macron qui souhaite que la France fasse la différence entre "réfugié" et "migrant économique".

 

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