Image d'illustration. Crédit : Reuters
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Le Parlement européen a acté mercredi 25 octobre la création d'un système informatique unifié pour accélérer les contrôles à leurs frontières extérieures. Ce nouveau dispositif devrait être opérationnel en 2020.

D’ici trois ans, tous les non-européens qui entreront dans l’espace Schengen verront leurs informations personnelles désormais archivées dans un immense fichier informatique unifié. Le Parlement européen a en effet adopté mercredi 25 octobre la création d’un nouveau système d’entrée / sortie (ESS) de l’espace Schengen. Le but : "améliorer la gestion des frontières extérieures, lutter contre l’immigration irrégulière et faciliter la gestion des flux migratoires", a expliqué le rapporteur du texte au Parlement, le conservateur espagnol Agustin Diaz de Mera Garcia Consuegra.

Noms, numéros de passeports, empreintes digitales et photo

Opérationnel en 2020, ce nouveau système – qui remplacera l’apposition manuelle de cachets sur les passeports - s’appliquera aux 26 pays de l’espace Schengen, ainsi qu’à la Roumanie et la Bulgarie. Il recensera les noms, numéros de passeport, empreintes digitales et photos de tous les ressortissants de pays tiers qui se présenteront aux frontières de l’espace Schengen, qu’ils soient soumis ou non à un visa.

L’ESS permettra aussi de contrôler beaucoup plus efficacement si les étrangers non-européens respectent la durée maximale autorisée pour un "court séjour" en Europe, à savoir 90 jours répartis sur une période de 180 jours au total, ou si leur visa a expiré.

Les informations stockées dans le nouveau registre – y compris concernant les personnes refoulées aux frontières – seront accessibles aux autorités frontalières et de délivrance des visas, ainsi qu’à Europol.

Hormis la lutte contre l’immigration clandestine, ce nouveau système aidera également à mieux "détecter des criminels aux multiples fausses identités, comme ce fut le cas du terroriste qui a attaqué le marché de Noël de Berlin" le 19 décembre dernier, a poursuivi le rapporteur. Le Tunisien Anis Amri était "entré et sorti de nos frontières avec 15 identités différentes", a-t-il rappelé.

Le commissaire chargé des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, estime qu’il "est essentiel (…) que nous sachions exactement qui rentre" en Europe, afin que la zone Schengen de libre circulation soit "durable et sûre".

Divisions

Ce nouveau système ne fait cependant pas l’unanimité, notamment à la gauche de l’hémicycle. Plusieurs eurodéputés se sont dits inquiets, comme par exemple l’autrichienne libérale Angelika Mlinar pour qui "cette législation a un gros impact sur les droits fondamentaux pour les personnes voyageant vers l’Europe en ce qui concerne notamment la durée d’enregistrement de leurs données personnelles". Le Vert allemand Jan Philipp Albrecht estime lui que créer un fichier de données d’une telle ampleur est  "insensé, coûteux et disproportionné".

Mais selon les eurodéputés conservateurs français Rachida Dati et Brice Hortefeux, "cette traçabilité est indispensable pour combler les failles exploitées par les réseaux terroristes". Ces derniers vont même plus loin et demandent d’enregistrer "les entrées et les sorties de tout le monde, citoyens européens et étrangers résidant en Europe inclus".

Dans un communiqué, le ministre français de l’Intérieur a quant à lui "salué" l’adoption de cette "initiative portée par la France après les attentats de 2015".

 

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