Un manifestant lors d'une manifestation anti-immigration, à Rotherham, en Grande-Bretagne, le 4 août 2024. REUTERS/Hollie Adams
Un manifestant lors d'une manifestation anti-immigration, à Rotherham, en Grande-Bretagne, le 4 août 2024. REUTERS/Hollie Adams

Un peintre décorateur de profession britannique a été condamné à neuf ans de prison ferme, vendredi, pour son implication dans les émeutes anti-migrants qui ont secoué le Royaume-Uni cet été. L'homme a été filmé participant à un incendie criminel contre un hôtel social où logeaient des exilés à Rotherham, dans le nord est du pays.

Il était accusé d'avoir ciblé un hôtel de migrants : un juge britannique a condamné vendredi 6 septembre un homme à neuf ans de prison pour son implication dans les émeutes anti-migrants et islamophobes qui ont touché le nord de l'Angleterre en août dernier. C'est la peine la plus lourde prononcée jusqu'ici.

Thomas Birley, peintre décorateur de profession, avait participé à un incendie criminel contre un hôtel hébergeant des migrants à Rotherham, dans le nord est du pays. Cet homme de 27 ans a été filmé en train d'ajouter du bois à une poubelle en feu - poubelle qui avait ensuite été placée devant une sortie de secours de l'hôtel. Il a également été filmé lançant des projectiles sur la police lors des violences. Très secoués, des membres du personnel de l'hôtel ont déclaré au tribunal qu'il ont cru "mourir".

D'autres images l'ont montré brandissant une matraque de police pendant ces heurts, qui ont blessé 64 policiers, trois chevaux et un chien.

Selon le juge en charge de l'affaire, le cas de M. Birley est "incontestablement" l'un des plus graves concernant les violences commises dans cette ville.

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Des centaines de personnes ont été inculpées à la suite des émeutes qui ont éclaté en Angleterre et en Irlande du Nord après la mort de trois jeunes filles tuées lors d'une attaque au couteau à Southport, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 29 juillet.

Ces émeutes avaient enflammé pendant une semaine le Royaume-Uni : plusieurs villes ont été confrontées à des scènes de violences racistes après la circulation d'informations, en partie démenties, sur le profil de l'auteur de l'attaque au couteau. Le suspect a été présenté comme un demandeur d'asile de confession musulmane. Il est en fait né à Cardiff, au Pays de Galles, et sa famille est, selon les médias britanniques, originaire du Rwanda.

InfoMigrants s'était rendu à Tamworth - où un autre hôtel a été saccagé par les émeutiers d'extrême droite - et à Birmingham début août pour rencontrer des manifestants venus protester contre ces violences racistes. "Je veux les empêcher de semer la terreur et la haine", avait notamment confié Annie, une Française installée dans le pays, en parlant de la English Defence League, un groupe d'extrême droite, responsable d'avoir attisé la haine anti-étrangers.

Au 5 septembre, plus de 200 condamnations avaient déjà été prononcées, quasi systématiquement à de la prison ferme. Au total, 193 des 202 personnes condamnées ont écopé de peines privatives de liberté, selon un décompte réalisé par l'agence de presse britannique PA.

@infomigrants_fr 🇬🇧 À #Tamworth, il reste quelques traces des émeutes anti-migrants qui ont eu lieu le 4 août, menées par des partisans de l’extrême droite. Devant l’hôtel qui a été ciblé, tout a été nettoyé. Journaliste : Danaé Piazza #emeutes #migrant #royaumeuni ♬ son original - InfoMigrants Français