Des migrants dans la Manche, le 4 septembre 2024. Crédit : Reuters
Des migrants dans la Manche, le 4 septembre 2024. Crédit : Reuters

Deux migrants sont portés disparus dans la Manche après un incident en mer samedi. Ces exilés ont sauté à l’eau pour porter secours à une autre personne tombée dans la Manche, mais n’ont pas été retrouvés, contrairement à la première qui a pu être secourue par les forces françaises.

Les drames dans la Manche se succèdent. Samedi 7 septembre, deux personnes se sont noyées dans cette zone maritime en tentant d’atteindre le Royaume-Uni. Elles ont disparu en mer alors qu’elles voulaient venir en aide à un migrant tombé dans l’eau.

Retour sur les évènements. En début de matinée samedi, un exilé contacte le Cross (centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) Gris-Nez pour signaler "qu’une personne est tombée à l’eau précédemment", indique la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Premar) dans un communiqué.

Les sauveteurs parviennent à localiser la personne, qui est "consciente", et la prennent en charge à bord de leur patrouilleur.

"En parallèle, 57 personnes présentes à bord de l’embarcation demandent assistance" auprès des forces françaises, précise le communiqué. Une quinzaine d’exilés du même canot refuse en revanche "l’assistance proposée par les moyens français et poursuivent leur route sous une surveillance adaptée". En clair, les autorités continuent d’observer à distance l’embarcation et se tiennent prêtes à intervenir en cas d’accident.

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En raison "des risques encourus par les migrants en cas d’actions contraignantes pour les obliger à embarquer sur les moyens de sauvetage de l’État (chute à la mer, choc thermique, trauma divers)", les sauveteurs n’interceptent jamais les migrants dans la Manche et ne les forcent pas à être secourus. L’opération se fait uniquement sur demande de personnes à bord du canot de migrants.

Des recherches pour retrouver les disparus

Une fois l'opération de sauvetage terminée, des personnes secourues ont informé les secours "que deux personnes" étaient "tombées à mer" pour "venir en aide à la première personne tombée à l'eau".

Des recherches sont alors menées par des moyens maritimes, aéronautiques et terrestres "pour tenter de retrouver d'autres éventuelles personnes à la mer", mais "les deux autres personnes signalées comme potentiellement tombées à l'eau n'ont pas pu être relocalisées et récupérées", a résumé la Premar.

Les opérations de recherche sont rapidement interrompues, et une enquête a été ouverte par le parquet de Boulogne-sur-Mer.

Plus de 21 000 arrivées en Angleterre

Quelques heures plus tard, en début d’après-midi, 65 exilés ont été secourus par les forces françaises après avoir demandé de l’aide. Ils ont ensuite été déposés au port de Dunkerque.

Le même jour, d’autres départs ont été observés. Selon les données du Home office (équivalent du ministère de l’Intérieur), 357 personnes réparties dans six bateaux sont parvenues à atteindre les rives britanniques. Le lendemain aussi, deux embarcations, avec 55 personnes à bord, ont rejoint le Royaume-Uni.


Des migrants montent dans un canot depuis une plage française, le 4 septembre 2024. Crédit : Reuters
Des migrants montent dans un canot depuis une plage française, le 4 septembre 2024. Crédit : Reuters


Au total depuis janvier, plus de 21 000 migrants sont arrivés sur le sol anglais via la Manche. Un chiffre en légère hausse par rapport à l’année dernière à la même période.

Malgré la dangerosité de la Manche, où se croisent des dizaines de cargos et ferry commerciaux - susceptibles de renverser les minuscules canots sur leur passage -, les départs n’ont jamais cessé. 

L’année 2024 est pourtant la plus meurtrière dans la Manche depuis l’apparition du phénomène des "small boats" : 37 personnes sont mortes depuis le 1er janvier. Le dernier naufrage remonte au 3 septembre quand un canot de 60 personnes s’est disloqué en mer. Douze personnes, dont la moitié sont mineures, sont mortes.