Deux nouveaux drames se sont déroulés dans la nuit de vendredi à samedi dans la Manche alors que plusieurs embarcations tentaient de rallier les côtes britanniques. Quatre migrants dont un enfant de 2 ans ont trouvé la mort. Ils portent à 51 le nombre de personnes décédées depuis le début de l'année en tentant la traversée entre la France et la Grande-Bretagne.
Quatre migrants, dont un enfant de 2 ans, sont morts dans la nuit de vendredi 4 à samedi 5 octobre en tentant de gagner le Royaume-Uni. Les tentatives de traversées se sont multipliées ces derniers jours à la faveur d'une fenêtre météorologique favorable.
Deux embarcations distinctes sont impliquées dans cette tragédie. Sur un premier canot transportant près de 90 personnes et frappée par une panne de moteur, au large de Boulogne-sur-Mer, un enfant de deux ans a été récupéré inanimé. Il n'a pas pu être sauvé, a expliqué le préfet du Pas-de-Calais, Jacques Billant, lors d'une conférence de presse.
Enfant "écrasé"
Selon les premiers éléments, l'enfant a été "écrasé", a également indiqué le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Guirec Le Bras. Quatorze autre migrants ont été pris en charge, dont un adolescent de 17 ans qui a été hospitalisé pour des brûlures aux jambes, a précisé le préfet. Les autres passagers du canot ont souhaité continuer leur route vers l'Angleterre.
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Sur une deuxième embarcation, également surchargée et partie des côtes du Calaisis, "plusieurs pannes moteur ont généré des mouvements de panique" et des migrants sont tombés à la mer, mais ont pu être secourus. Trois personnes, deux hommes et une femme d'environ 30 ans, ont ensuite été découvertes inanimées au fond de l'embarcation, "vraisemblablement écrasées, étouffées et noyées au moment des bousculades, dans les 40 cm d'eau présents au fond de l'embarcation pneumatique", selon le récit du préfet.
Sur ces trois victimes adultes, l'une est vietnamienne et deux sont d'"origine africaine", tandis que l'enfant décédé dans le premier canot est né en Allemagne d'une mère somalienne, selon le procureur.
"Epouvantable drame qui doit tous nous faire prendre conscience de la tragédie qui se joue. Les passeurs ont le sang de ces personnes sur les mains et notre gouvernement intensifiera la lutte contre ces mafias qui s’enrichissent en organisant ces traversées de la mort", a écrit le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, sur le réseau social X.
"Pour sauver des vies, il faut des ferrys", a écrit sur le même réseau l'association Utopia 56 qui réclame depuis des années l'installation de voies légales et sûres entre les deux pays.
Trente-et-une tentatives de traversées en une journée
Ce drame survient quelques semaines après le pire naufrage de l'année dans cette région, qui avait fait 12 morts, dont 10 femmes, le 3 septembre.
Avant les tragiques événements de samedi, 46 exilés étaient déjà morts en 2024 lors de ces tentatives par la mer, contre 12 en 2023.
Samedi toujours, 237 personnes ont été secourues en mer, selon la préfecture maritime, et depuis jeudi soir, 31 tentatives de traversées ont été empêchées par les forces de l'ordre, selon le préfet.
Depuis janvier, plus de 25 000 migrants sont arrivés sur les côtes britanniques après avoir traversé la Manche à bord d'embarcations de fortune, un chiffre en progression de 4% selon des statistiques du ministère britannique de l'Intérieur publiées le 23 septembre.