Un exilé, originaire d'Inde, d'environ 40 ans, est décédé lors d'une tentative de traversée de la Manche, dimanche. L'embarcation s'est dégonflée "immédiatement après le départ", ont expliqué les autorités. Depuis le 1er janvier 2024, déjà 56 personnes sont mortes en tentant de rallier les côtes anglaises.
La liste macabre ne cesse de s’allonger : un migrant, originaire d’Inde, est décédé dimanche 27 octobre lors d’une tentative de traversée de la Manche pour rejoindre l’Angleterre. C’est le troisième drame en dix jours. Depuis le début l’année, le bilan s'élève à 56 exilés morts en tentant de traverser la Manche.
La tentative de départ a eu lieu depuis la plage de Tardinghen, au sud de Calais, vers 5h30, à la faveur de conditions météorologiques favorables, explique la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué. "L’embarcation qui s’avérait être en très mauvais état s’est dégonflée immédiatement après son départ" et "les migrants à son bord se sont retrouvés dans l’eau et ont regagné la plage en nageant", rapporte-t-elle, soulignant que "tous n’étaient pas équipés de gilet de sauvetage".
"Un homme de nationalité indienne d’environ 40 ans", en arrêt cardio-respiratoire, n’a pas pu être ranimé par les gendarmes, qui lui ont fait un massage cardiaque, puis les pompiers qui ont pris le relais. Le corps de l’homme a été placé sous un drap blanc sur un parking de la plage, gardé par des gendarmes qui détournaient les promeneurs, puis récupéré par un fourgon mortuaire.

Les rescapés ont été pris en charge par les pompiers et la protection civile. Un correspondant de l’AFP les a vus regroupés dans la cour d’une ferme jouxtant la plage, où des feux ont été allumés pour les réchauffer.
Nombreuses tentatives de traversées ce weekend
La préfecture souligne que, dimanche matin, plusieurs autres tentatives "ont été empêchées par les policiers et les gendarmes, notamment à Equihen-Plage, Calais et Sangatte". Dans la nuit de vendredi à samedi déjà, 35 personnes ont été récupérées par les autorités en mer et ramenées à Calais (62) au milieu de la nuit. Un peu plus tôt, ce sont 79 exilés qui avaient été récupérés.
Noyades et bousculades mortelles, sur des canots surchargés, ont déjà fait de 2024 l’année la plus meurtrière depuis le début en 2018 du phénomène des traversées de la Manche sur de frêles embarcations.
Mercredi 23 octobre, trois migrants sont morts à seulement deux kilomètres de Calais, ont indiqué les autorités françaises. Une forte brume rendait la visibilité très faible sur le littoral au lever du soleil mais l'absence de vent et de grosses vagues ouvrait une fenêtre favorable aux départs.
Quelques jours avant, jeudi 17 octobre, un bébé avait été retrouvé inconscient dans l’eau, après le naufrage du canot dans lequel il se trouvait avec ses parents et ses deux frères. Aras, le père de la petite Maryam, originaire du Kurdistan irakien, a raconté l’accident à la chaîne britannique Sky News : "Le canot a éclaté. Je ne sais pas comment c'est arrivé, mais on est tous tombé les uns sur les autres".
Le 5 octobre, un enfant de deux ans, deux hommes et une femme sont morts, écrasés sur des canots surchargés selon les premiers éléments de l’enquête. Le pire naufrage de l’année remonte au 3 septembre. Au moins douze migrants, pour la moitié mineurs, sont morts quand leur embarcation s’est disloquée en mer.
Le précédent record de victimes dans la Manche remonte à 2021, quand 30 migrants avaient péri dans la Manche, dont 27 dans un même naufrage au mois de novembre.