Le corps d'un homme "de type africain" a été retrouvé samedi matin sur une plage de Sangatte, dans le Pas-de-Calais, trois jours après la découverte de trois corps de migrants sur une autre plage. Cette année est déjà la plus meurtrière dans la Manche : au moins 60 personnes ont péri dans ces eaux, en tentant d'atteindre les rives britanniques.
Samedi 2 novembre vers 8h45, un promeneur a découvert le corps d'un homme sur la plage de la Descenderie, à Sangatte, dans le Pas-de-Calais, a indiqué le parquet de Boulogne-sur-Mer. "De type africain", l'homme décédé n'a pas encore été formellement identifié mais il pourrait s'agir de la dépouille d'un migrant rejeté par la mer après avoir tenté de rejoindre le Royaume-Uni en traversant la Manche.
Une enquête a été ouverte pour "recherche des causes de la mort", a précisé le parquet.
"Peut-être fait-il partie des disparus signalés lors d'un dernier naufrage", avance l'association Utopia 56 sur X.
Des drames à répétition
Mercredi, trois corps de migrants avaient déjà été retrouvés à marée basse, sur la plage de Saint-Etienne-au-Mont, près de Boulogne-sur-Mer. Quelques heures plus tôt, une quinzaine d'exilés s'étaient retrouvés en difficulté dans l'eau n'ayant pas réussi à rejoindre leur canot prêt à partir, et tentant de revenir vers la plage.
Un homme en arrêt cardio-respiratoire dans l’eau a été déclaré décédé à terre, après avoir été hélitreuillé.
Au moins 70 migrants, originaires de Turquie, d’Iran et d’Irak, avaient pu être secourus par les autorités. Parmi eux, cinq personnes en état d’hypothermie sévère.
Utopia 56 évoquait alors des secours "dépassés" par la situation. "Plusieurs personnes sont en hypothermie, y compris des gendarmes qui ont aidé les naufragés à sortir de l’eau […] Les pompiers ne peuvent pas prendre tout le monde en charge, le dispositif n’est pas proportionné pour", écrivaient les humanitaires sur X.
Cette année, les drames s'enchaînent dans la Manche. Au moins 60 hommes, femmes et enfants ont péri en essayant d'atteindre les rives britanniques sur de frêles embarcations, en mauvais état et le plus souvent surchargées. Ce qui fait de 2024 l’année la plus meurtrière depuis le début en 2018 du phénomène des traversées de la Manche en "small boats".
"Le chiffre qui nous saute aux yeux depuis quelques mois, c'est une personne qui décède tous les cinq jours" dans ces tentatives de traversée depuis le début de l'année, a réagi auprès de l'AFP un coordinateur d'Utopia 56. "La situation est plus que dramatique. Les secours en mer et sur terre sont dépassés par les événements".
Des traversées toujours plus nombreuses
Malgré la détérioration des conditions météorologiques, les tentatives de traversées se multiplient ces derniers jours. Depuis jeudi 31 octobre, près de 200 exilés ont été secourus par les autorités françaises "au large des côtes du Pas-de-Calais, du Nord et de la Somme", signale la Premar.
Dans le même temps, plus de 650 migrants, à bord de 16 canots, sont parvenus à atteindre l'Angleterre, selon les chiffres du Home office.
Et au total depuis janvier, ce sont plus de 30 000 personnes qui ont débarqué au Royaume-Uni après une périlleuse traversée de la Manche, a révélé jeudi le ministère britannique de l'Intérieur. Ce chiffre dépasse déjà celui de 2023, où un peu moins de 30 000 arrivées avaient été comptabilisées sur l'ensemble de l'année. On est cependant encore loin du record enregistré en 2022 avec l'arrivée de 45 000 personnes.