Un migrant exténué dans le port de Tripoli, en Libye. Crédit : Reuters
Un migrant exténué dans le port de Tripoli, en Libye. Crédit : Reuters

Depuis la diffusion d’une vidéo de CNN montrant un trafic d’esclaves en Libye, des témoignages similaires ont été reçus par la rédaction d’InfoMigrants. À travers la planète, des personnalités se sont également mobilisées pour dire "non" à la traite d'êtres humains.

Après la diffusion d'une vidéo choc montrant une vente aux enchères d'êtres humains, plusieurs migrants, demandeurs d'asile et réfugiés ont contacté la rédaction d'InfoMigrants pour leur faire part d'expériences similaires.

"Mon petit frère a été vendu 2 fois... et à chaque fois il nous suppliait de verser 300 mille Francs CFA dans le compte des [trafiquants], explique une internaute sur notre page Facebook au lendemain de la diffusion de la vidéo de CNN. "Donc au total nous avons versé 600 mille Francs CFA en 2017", continue-t-elle. "J ai pleuré jour et nuit, j ai supplié mes autres frères pour qu'ensemble nous cotisions cette somme".

Prince, un autre migrant camerounais avait également raconté à InfoMigrants comment ses geôliers en Libye l'avaient "marchandé" au plus offrant. "Ils nous vendent comme si vous alliez au marché acheter des tomates". Un autre, croisé sur l'Aquarius, le bateau humanitaire de SOS Méditerranée avait raconté comment certains migrants "invendables" étaient exécutés d'une balle dans la tête.

Lydia et Akhet, un couple camerounais, racontent avoir été vendus durant leur périple vers l'Europe. "On a vu le chauffeur qui s’est arrêté auprès d’un groupe [en Libye]. On roulait depuis longtemps… J’ai vu une transaction, de l’argent liquide qui passaient de mains en mains", se rappelle Akhet dans un témoignage publié sur InfoMigrants. "On ne savait pas où on était, je pensais qu’on était au Niger….", ajoute Lydia. "Ils nous a vendus", assène-t-elle. Le couple a été "acheté" séparément et séparés de longs mois. Ils apprendront plus tard qu’ils se trouvaient dans la région de Sabha, dans le sud du pays, une région tristement connue pour avoir rétabli des "marchés aux esclaves", où les migrants africains se monnayent quelques centaines de dollars.

Réactions internationales

À travers la planète, des personnalités politiques, sportives, médiatiques se sont mobilisées pour dire 'non' à cette nouvelle traite négrière. 

Le président guinéen Alpha Condé a exprimé "son indignation face au commerce abject". "Ces pratiques modernes d'esclavage doivent cesser et l'Union africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète". Le gouvernement sénégalais a "appris avec une vive indignation la vente sur le territoire libyen de migrants originaires d'Afrique subsaharienne". 

Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, s'était insurgé dès jeudi, affirmant : "La vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye m'indigne profondément. J'en appelle aux autorités libyennes et aux organisations internationales, afin que tout soit mis en œuvre pour que cesse cette pratique d'un autre âge, que nous croyions à jamais révolue".

Le chanteur ivoirien internationalement connu, Alpha Blondy, s'est également offusqué de la vente d'êtres humains dans une vidéo Facebook. "Qu’est-ce que vous attendez pour réagir et intervenir ? Mais qu’est-ce que vous attendez donc !", a-t-il déclaré en s'adressant aux dirigeants africains.



L'international ivoirien Serge Aurier a lui aussi montré sa solidarité avec les victimes sur les réseaux sociaux. Sur son compte instagram, il a posté la main d'un esclave noir enchaîné. L'Ivoirien Didier Drogba a, lui, directement interpellé les autorités libyennes. "J’invite les autorités libyennes à stopper ces actes d’une barbarie qui laisse sans voix et censés être révolus!!! Honte à ceux qui traitent ainsi leur frères humains!!!!!!!" (sic). 





 

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