Un nouveau cadavre a été découvert sur une plage du Pas-de-Calais, dimanche. Le corps en état de décomposition avancée a été pris en charge par les pompiers. Au total, déjà 15 corps ont été retrouvés sur les plages du nord de la France entre la mi-octobre et début décembre.
Un corps a été découvert dimanche 8 décembre dans la Manche, près d'une plage du Pas-de-Calais, le 15e retrouvé sur le littoral du nord de la France depuis la fin octobre, a-t-on appris d'une source proche du dossier.
Ce corps, en état de décomposition avancée, a été repéré dans l'eau par des promeneurs sur la plage d'Escalles, à proximité du cap Blanc-Nez, selon cette source, confirmant une information de Delta FM.
Le cadavre a ensuite été pris en charge par le pompiers et les gendarmes, selon la même source.
Entre la fin octobre et la mi-novembre, 14 corps avaient déjà été découverts en mer ou sur le littoral du nord de la France, après plusieurs naufrages d'embarcations de migrants, selon un décompte de l'AFP. Face à la situation, les secours français ont dû aussi ajuster leurs moyens d'action. Plus de 5 600 personnes ont déjà été secourues dans la Manche en 2024, selon les autorités françaises, notamment par le navire de l'Abeille Normandie.
Le 6 novembre, en effet, un corps avait été découvert sur la plage de Calais et un autre dans l'eau. La veille deux autres corps avaient été repêchés. À l’époque, le procureur avait précisé que les corps découverts étaient "altérés et difficilement identifiables".
"C'est dramatique ce qu'il se passe sur les plages"
Les décès ont explosé cette année : au moins 70 personnes sont mortes en tentant de rallier l'Angleterre par la mer au départ du littoral français, selon la préfecture du Pas-de-Calais, ce qui fait de 2024 l'année la plus meurtrière depuis l'apparition du phénomène des "small boats" dans la Manche en 2018.
Selon les ONG, la militarisation à outrance de la zone a poussé les trafiquants et passeurs à modifier le mode opératoire des traversées : les montées à bord se font de manière chaotique, plus rapidement. Les bousculades, les malaises conduisent à des drames. "C’est dramatique ce qu’il se passe, les moments de détresse arrivent de plus en plus tôt, dès que les migrants arrivent sur la plage ou dès qu’ils entrent dans l’eau", détaille Flore Judet, de l'Auberge des migrants. "On meurt noyé [en mer] mais aussi écrasé par les autres, étouffé".
Les trafiquants d'êtres humains ont aussi une grande part de responsabilité dans ce bilan dramatique, dénonce de son côté la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar), interrogée par InfoMigrants. Ce sont les passeurs qui surchargent les canots - dont l’approvisionnement est compliqué par les démantèlements des filières. Les risques d’affaissement des embarcations sont donc démultipliés et les naufrages plus fréquents.