Quinze migrants ont été secourus dans le naufrage survenu le 26 janvier au large de Lampedusa. Crédit : Sea Punks
Quinze migrants ont été secourus dans le naufrage survenu le 26 janvier au large de Lampedusa. Crédit : Sea Punks

Une mère de famille a perdu ses trois enfants lors d'un naufrage survenu dimanche matin près de l'île italienne de Lampedusa. Son embarcation a coulé dans les eaux maltaises avant l'arrivée du navire humanitaire allemand Sea Punks. Au moins 15 personnes ont été secourues, indique l'ONG, deux corps d'enfants ont été récupérés, et plusieurs migrants sont portés disparus.

Deux enfants morts et un autre disparu. Tous de la même mère. C'est le terrible bilan du nouveau naufrage survenu dimanche 26 janvier, à l'aube, à environ 85 km de l'île italienne de Lampedusa, dans les eaux maltaises. Le bateau en fibre de verre a été retrouvé immergé par l'ONG allemande Sea Punks, après une alerte donnée par Alarm Phone, la plateforme d'aide aux migrants en détresse en mer.

Sur des images diffusées par les humanitaires, on voit certains naufragés qui s'agrippent aux rebords de leur canot quasiment coulé. D'autres se trouvent en pleine mer avec une chambre à air autour de leur corps qui fait office de bouée. On entend les exilés crier à l'aide.

L'équipage du Sea Punks parvient à secourir au moins 15 personnes, originaires du Cameroun et du Nigeria. Mais deux bambins, âgés de deux et trois ans, sont morts dans le naufrage et un autre est porté disparu. "C'est déchirant. Une mère a perdu ses trois enfants. L'un est mort dans les bras du médecin qui tentait de le réanimer par massage cardiaque", raconte Arturo Centore, commandant de Sea Punks, au média italien Radio radicale.

Les exilés, dont la plupart se trouvaient en état d'hypothermie, ont ensuite été transférés sur un navire des gardes-côtes italiens et envoyés à Lampedusa, tandis qu'une femme enceinte et un homme ont été évacués d'urgence en hélicoptère vers l'hôpital de La Valette, à Malte.

Selon les rescapés, le bateau avait quitté Zouara, à l'ouest de la Libye, quelques jours plus tôt, avec une vingtaine de personnes à bord. Il y aurait ainsi plusieurs disparus.

Déjà près de 50 morts en 2025

Avec la Tunisie, la Libye est le principal point de départ en Afrique du Nord des migrants cherchant à gagner l'Europe. Mais les embarcations utilisées par les passeurs, pneumatiques ou en bois, ne sont pas adaptées à la traversée de la Méditerranée.



Dans cette zone, les naufrages se multiplient faisant de la Méditerranée la route migratoire la plus meurtrière au monde. L'année 2025 a d'ailleurs commencé par un drame : 27 cadavres ont été repêchés le 1er janvier par les autorités tunisiennes, au large des îles Kerkennah. Parmi ces corps "figurent des femmes et des enfants", avait indiqué une source officielle tunisienne. La Garde nationale, elle, avait affirmé sur sa page Facebook qu'un bébé fait partie des victimes.

Au total depuis début janvier, on compte déjà près de 50 morts en Méditerranée, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). Et sur l'ensemble de 2024, les données de l'agence onusienne recense plus de 2 300 morts et disparus dans cette zone maritime.