Des exilés marchent le long d'une route, près de Dunkerque, en mai 2024. Image d'illustration. Crédit : InfoMigrants
Des exilés marchent le long d'une route, près de Dunkerque, en mai 2024. Image d'illustration. Crédit : InfoMigrants

Depuis lundi, des policiers sont présents dans les bus du Calaisis et sur la ligne de bus reliant Calais à Graveline, rapporte La Voix du Nord. Cette présence policière dans les transports en commun avait été promise par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau lors de sa visite sur le littoral fin novembre.

C'est un nouveau pas dans le renforcement de la présence policière sur le littoral nord de la France. Depuis lundi 27 janvier, des policiers sont présents dans deux lignes de bus du Calaisis, gérées par le syndicat intercommunal des transports du Calaisis (Sitac), rapporte mardi La Voix du Nord. C'est également le cas sur la ligne de bus 423, gérée par la région et qui va de Gravelines à Calais.

Ce nouveau dispositif de sécurisation des transports en commun, déjà testé à Lens, avait été annoncé par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau lors de de sa visite sur le littoral français, fin novembre.

Le ministre était venu témoigner de son soutien aux maires des communes concernées par les départs de migrants en bateaux. Dans un communiqué de presse diffusé le 20 novembre dernier, les élus se disaient "abandonnés" par l'État face à la présence des exilés sur le littoral et aux départs en canots dans la Manche.

Des lieux de vie de plus en plus éloignés des distributions

Selon La Voix du Nord, des élus se sont également plaints lors de réunions du Sitac du fait que des collégiens et lycéens ne pouvaient plus prendre le bus "notamment entre Escalles et Calais, en raison de la présence de migrants de retour d’une tentative de traversée".

Pour les centaines d'exilés qui vivent sur le littoral français, le réseau de bus est l'un des seuls moyens de se rendre aux lieux de distributions de nourriture. Les bus sont également utilisés pour rejoindre les plages de départ en bateaux vers le Royaume-Uni ou pour en revenir si la traversée a échoué.

Ces déplacements quotidiens sont rendus plus importants du fait de la politique du "zéro point de fixation" en place à Calais depuis plusieurs années qui contraint les exilés à vivre de manière isolée et donc éloignée de la ville et des lieux de distributions.

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Nouvelles mesures de lutte contre l'immigration irrégulière

Lors de sa visite fin novembre, Bruno Retailleau avait annoncé une batterie de nouvelles mesures destinées à lutter contre l'immigration irrégulière sur le littoral. Parmi elles : des renforts de police, la nomination d'un représentant spécial sur l'Immigration au ministère, et une mission de lutte contre l'immigration clandestine sur le littoral, confiée au nouveau préfet délégué pour la défense et la sécurité dans les Hauts-de-France, Vincent Lagoguey.

Le ministre avait aussi menacé d'engager un bras de fer avec Londres sur la question des traversées de la Manche par les migrants et appelé les Britanniques à instaurer "une voie d'admission légale avec des critères en termes économiques, de regroupement familial".

En 2024, 36 816 personnes ont débarqué au Royaume-Uni après une dangereuse traversée de la Manche depuis les côtes françaises. C'est 25 % de plus qu'en 2023, malgré la volonté affichée du gouvernement britannique de freiner l'immigration illégale. L'année 2024 a également connu un triste record de morts dans la Manche avec au moins 76 personnes décédées en tentant de franchir le détroit.