Une embarcation a fait naufrage samedi matin près de Calais, provoquant la mort d'une personne. Soixante-dix migrants du même canot ont pu être secourus et ramenés au port. Ce nouveau drame porte à cinq le nombre d'exilés décédés dans la Manche en tentant d'atteindre le Royaume-Uni.
Les drames se succèdent dans la Manche. Un exilé est décédé au petit matin samedi 15 février au large de Calais. Cette nuit-là, "de nombreux départs d'embarcations de migrants sont signalés au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez dans le secteur du détroit du Pas de Calais", indique dans un communiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar).
Averties de l'une d'entre elles, les autorités engagent le navire affrété par la Marine nationale Abeille Normandie pour la surveiller.

Mais "en fin de nuit', le canot "prend l'eau", explique la Prémar. L'Abeille Normandie vient "immédiatement au secours des naufragés" et procède, avec l'aide du navire Minck, au sauvetage de 70 migrants entassés dans le "small boat". Seuls la moitié d'entre eux sont équipés de gilets de sauvetage.
Lors de cette opération, deux personnes sont retrouvées inconscientes : l'une a pu être réanimée, mais l'autre a été déclarée morte à l'hôpital.
Il n'y aurait pas de personnes portées disparues "à ce stade" après ce naufrage, selon un porte-parole de la préfecture. L'hélicoptère Dauphin de la Marine nationale a réalisé une "surveillance accrue" de la zone "pour confirmer la bonne récupération de tous les naufragés présents en surface", ajoute la Prémar.
Cinq morts depuis le 1er janvier
Si certains ne sont pas parvenus à traverser la Manche ce samedi, d'autres ont eu plus de chance. Au total, 240 migrants, à bord de quatre canots, ont atteint les rives britanniques le 15 février, d'après un décompte du Home office.
Reste que ce nouveau décès intervient une semaine après la mort de deux migrants noyés dans cette zone maritime. Deux hommes avaient été retrouvés sur une plage de Berck, dans le Pas-de-Calais, dimanche 9 février après avoir tentés de monter dans un canot déjà à l'eau.

Quelques heures plus tard, six personnes avaient été placées en garde à vue. Jeudi, deux d'entre elles ont été mises en examen dans cette affaire pour "homicide involontaire aggravé". Elles sont soupçonnées d'avoir joué un "rôle actif" dans l'organisation de l'embarquement de migrants à Berck. L'un des mis en cause, 19 ans, est d'origine soudanaise, tandis que l'autre, 36 ans, "se dit Irakien", selon le parquet de Boulogne-sur-Mer. Les quatre autres ont été remis en liberté.
Le décès constaté samedi porte à au moins cinq le nombre de migrants morts en mer depuis le début de l'année en tentant de rejoindre l'Angleterre depuis les côtes du nord de la France.
Selon l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), 78 migrants ont péri en 2024 en tentant de rejoindre l'Angleterre à bord d'embarcations de fortune, un record depuis le début en 2018 du phénomène des "small boats" dans cette zone.