Cent-cinquante-trois personnes ont été secourues par les ONG SOS Méditerranée et Sea-Watch durant le week-end en mer Méditerranée. Parmi les exilés secourus figurent des femmes, dont l’une est enceinte, et des mineurs.
Les trois opérations de sauvetage menées par les ONG ce week-end ont eu lieu au large de la Libye. Dans la nuit de samedi 22 à dimanche 23 février, Sea-Watch a porté assistance à 41 personnes qui "naviguaient entre de grosses vagues sur un bateau surchargé".
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Dans le même temps, l'Ocean Viking, navire affrété par SOS Méditerranée, a secouru 112 migrants au large de la Libye lors de deux sauvetages entre samedi et dimanche, a annoncé l'organisation. Une première opération de sauvetage a eu lieu en pleine nuit. Elle a permis de secourir 25 migrants dont trois femmes, l'une étant enceinte.
Quelques heures plus tard, dans la matinée de dimanche, 87 autres migrants qui se trouvaient sur un bateau en bois ont été pris en charge en coordination avec les autorités italiennes. Les personnes secourues viennent principalement du Bangladesh, de Somalie ou d'Égypte, a expliqué l'ONG.
Port assigné par les autorités
L'Ocean Viking se dirige désormais vers Livourne, en Toscane, port assigné par les autorités italiennes. Il se situe à plus de 1 000 km de la zone de sauvetage. Le navire Sea-Eye 4 - dont l'ONG éponyme mène des opérations conjointes avec Sea Watch -, s'est vu lui assigné par l'Italie le port de Naples, une destination qui nécessite trois jours de navigation.
Depuis 2022 et le décret Piantedosi, les ONG doivent se rendre "sans délai" au port de débarquement assigné par les autorités italiennes juste après un premier sauvetage. Si les navires humanitaires effectuent un autre sauvetage, ils doivent le faire avec l’accord de Rome. Sinon, ils s’exposent à des sanctions financières et à l’immobilisation du bateau.
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Ainsi, selon un rapport de SOS Méditerranée, les bateaux d'ONG ont perdu 735 jours à rejoindre des ports éloignés des lieux de sauvetage et ont parcouru au total plus de 275 000 km à cause des restrictions imposées par les autorités italiennes en mer. Et pour les navires qui n’ont pas respecté cette loi, depuis janvier 2023, "640 jours de détention ont été imposés aux navires", indique le rapport. Et plus de 76 000 euros d’amendes ont été infligés aux ONG en seulement deux ans.
Route migratoire mortelle
Depuis le début de l’année, 129 personnes qui tentaient de rejoindre l'Europe sont décédées en mer Méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Sur l’ensemble de l’année dernière, 2 333 personnes sont décédées en mer. L'immense majorité le sont en Méditerranée centrale, qui reste l'une des routes migratoires les plus mortelles au monde avec près de 1 700 décès recensés l’année dernière.
La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée centrale reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.