Jeudi 8 mai, le navire Sea-Watch 5 a porté secours à environ 200 personnes, en détresse en pleine Méditerranée centrale. Sur l'ensemble de la semaine, 370 migrants ont été recueillis à bord des deux navires humanitaires (Sea-Watch et Aurora) de l'ONG allemande. Depuis le début de l'année, un peu plus de 300 migrants sont déjà morts dans cette zone maritime en tentant de rallier l'Europe.
"Ce (jeudi) matin, notre Sea-Watch 5 a secouru 190 personnes sur deux embarcations en détresse", en mer Méditerranée, a posté l'ONG allemande Sea-Watch sur X, le jeudi 8 mai. "Nous sommes maintenant en route vers Civitavecchia qui nous a été attribué comme port sûr".
Quatre jours avant, l'équipe du navire Aurora, qui appartient à la même ONG, avait déjà porté secours à 71 migrants, dans la nuit du 3 au 4 mai.
Enfin, le 1er mai, le Sea-Watch 5 avait déjà porté assistance à 109 personnes - avant de les débarquer le 3 mai en Italie et de repartir dans la zone de sauvetage. Ce jour-là, 104 migrants, dont 41 mineurs, avaient dans un premier temps été secourus dans une embarcation. Puis cinq autres personnes avaient été récupérées directement dans l'eau alors que le navire humanitaire était à la recherche d'un autre canot en détresse.
En dix jours donc, l'ONG a secouru au moins 370 personnes en Méditerranée centrale.
L'ONG française SOS Méditerranée n'a pas non plus chômé. Les équipes de l'Ocean Viking ont sorti des eaux 108 personnes dans la matinée du 5 mai. Elles avaient repéré deux embarcations surchargées en détresse dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne. Un bébé de 11 mois fait partie des rescapés. "Beaucoup souffraient d'épuisement et du mal de mer, nécessitant une prise en charge urgente par l'équipe médicale", a écrit sur X l'ONG qui fat actuellement route vers le port d’Ortona "situé à 1 296 km de la zone de sauvetage".
Route meurtrière
Ces derniers jours, les traversées de la Méditerranée ont été nombreuses à la faveur d'une météo clémente. "Avec l'amélioration des conditions météorologiques, nous avons constaté une augmentation des traversées dangereuses en Méditerranée centrale ces derniers jours", a tweeté Frontex, fin avril. Entre le 26 et le 30 avril, 1 612 migrants ont été débarqués sur la petite île italienne de Lampedusa.
La Méditerranée centrale reste la route migratoire la plus meurtrière au monde. Depuis 2014, date des premiers recensements de l'agence onusienne, plus de 24 000 exilés ont péri dans cette zone maritime. Parmi eux, près de 3 500 enfants sont morts ou portés disparus, soit un par jour, en tentant de traverser la Méditerranée centrale entre l'Afrique du Nord et l'Italie, d'après un rapport de l'Unicef.
Et depuis le début de l'année 2025, 316 personnes sont déjà mortes en Méditerranée centrale. Un chiffre qui pourrait être beaucoup plus élevé : de nombreuses embarcations disparaissent en mer sans laisser de traces, sans être répertoriées. On les appelle les "naufrages invisibles".
La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée centrale reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.