Des militants néo-nazis d'Aube dorée, le 5 mars 2018 à Athènes. Crédit : Reuters
Des militants néo-nazis d'Aube dorée, le 5 mars 2018 à Athènes. Crédit : Reuters

Accusés d'avoir attaqué des locaux hébergeant des migrants, six militants d'extrême droite ont été arrêtés en Grèce, le 6 mars. Les violences de ce type ont été récurrentes ces derniers mois. Les ONG tirent la sonnette d'alarme.

En Grèce, l’extrême droite occupe le terrain par la violence. Six jeunes extrémistes ont été arrêtés mardi 6 mars par la police antiterroriste près d'Athènes et dans le nord du pays. Ils sont accusés d'avoir mené des attaques à l'engin explosif contre des locaux de migrants et d'extrême gauche. 

Cinq hommes ont été arrêtés près d'Athènes et le sixième à Ioannina, ville dans le nord-ouest de Grèce. Dans la maison de l'un d'entre eux près d'Athènes, la police a découvert des cocktails Molotov. La police n'a pas confirmé pour le moment l'appartenance de ces hommes au parti néo-nazi grec Aube dorée.

"Menace fasciste" sur la Grèce

Les attentats de l'extrême droite contre des locaux de gauche et des migrants se sont multipliés en Grèce ces derniers mois. Aube Dorée dénonce sans cesse l’hébergement des migrants et des réfugiés dans les squats. En 2016 déjà, des militants d'Aube dorée avaient jeté des cocktails molotov sur le City Plaza Hotel, le squat le plus célèbre d'Athènes. 

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Il y a dix jours, cinq personnes avaient été blessées dans une attaque menée contre les locaux de l'association antifasciste Favela dans le port du Pirée, près d'Athènes. Selon les blessés, ce sont des membres casqués d'Aube Dorée qui les ont attaqués, armés de barres de fer et de fusées éclairantes. L’association avait déjà été visée par les fascistes en août. Quatre personnes avaient été arrêtées et lors des perquisitions à leurs domiciles, la police avait trouvé des affiches de propagande nazie ainsi que des armes d’entraînement. Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, avait alors estimé que cette attaque confirmait une "menace fasciste" sur le pays.

Tensions sur les îles  

Sur les îles grecques de la mer Egée, où le plan UE-Turquie a été mis en place il y a deux ans pour couper la route migratoire égéenne, y bloquant 13 000 personnes, les tensions sont également récurrentes. 

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En septembre, à Chios, plusieurs centaines d’habitants – dont de nombreux manifestants d’extrême droite - avaient manifesté contre la présence de migrants sur l’île. La situation avait dégénéré et donné lieu à des violences entre policiers et manifestants. En novembre, à Chios à nouveau, puis à Samos et Lesbos, des violences ont éclaté pendant plusieurs jours entre habitants et migrants. Un syrien avait été grièvement blessé.

Le désespoir des migrants, la mobilisation de l’extrême droite et le manque de soutien de l’Union européenne forment un cocktail explosif. Ce 6 mars, neuf ONG tirent la sonnette d’alarme. Elles lancent une campagne #Opentheislands demandant au Premier ministre grec Alexis Tsipras ainsi qu’au Parlement européen de mettre fin "à la politique de confinement qui piège les demandeurs d’asile dans des conditions déplorables sur ces îles et de les transférer en toute sécurité sur le continent".


 

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