Rochdi Bakhchouch développe sa marque à Paris. DR
Rochdi Bakhchouch développe sa marque à Paris. DR

Rochdi Bakhchouch est un styliste marocain de 32 ans. En 2016, il décide de tenter sa chance à Paris pour y développer sa marque. Le jeune homme connait un grand succès et habille désormais les princes et les hommes d’affaire du monde arabe. En juillet prochain, Rochdi ouvre sa première boutique à Paris, dans le 16ème arrondissement.

"J’avais des rêves mais je ne voyais pas aussi grand", avoue avec fierté Rochdi Bakhchouch. Ce styliste marocain de 32 ans n’avait jamais osé imaginer faire carrière à Paris. Pourtant en seulement quelques années, le jeune homme a réussi à se faire un nom dans le milieu très fermé de la mode. Un destin qui semblait pourtant tracé.

Dès son plus jeune âge, Rochdi quitte rarement son crayon et son cahier de dessin. "J’ai fait mon premier croquis vers neuf, dix ans. Il représentait le roi Mohammed VI lors de son arrivée au pouvoir", se souvient-il. Très vite, Rochdi abandonne les portraits et se tourne vers des dessins de mannequins portant "de belles robes en dentelles". Pendant les cours, il passe son temps à griffonner quitte à s’attirer les foudres du corps enseignant. "Mes camarades de classe étaient si impressionnés qu’ils m’ont demandé de dessiner le professeur. Ce dernier l’a remarqué et m’a exclu pendant une semaine", rigole-t-il aujourd’hui.

Rochdi Bakhchouch participe aussi à deux Fashion week par an. DRC’est donc tout naturellement que Rochdi poursuit ses études après le bac dans une école de mode de Fès, ville qui l’a vu grandir. S’en suit un travail de modéliste pendant trois ans dans la compagnie espagnole Zara. Mais en parallèle, le jeune homme ne perd pas ses objectifs de vue et dessine ses créations personnelles pour des amis. "À cette époque, je réalisais les croquis et confectionnais les habits dans ma chambre pendant mon temps libre", raconte-t-il.

"En quelques années, ma société est passée de cinq à dix employés"

Grâce à ses contacts professionnels et au bouche à oreille, Rochdi se fait connaître dans son pays et commence à habiller des célébrités marocaines. L’édition 2011 du festival du film international de Marrakech marquera le début de la renommée pour le jeune styliste : de nombreuses actrices avaient alors arboré ses créations. Fort de ce succès, il décide de se lancer à son compte. Fin 2011, la société Roshmode voit le jour et Rochdi organise son premier défilé dans un restaurant de Casablanca.

En 2013, la carrière de Rochdi s’envole lorsqu’il est invité d’honneur à la Fashion week arabe de Toulouse, dans le sud de la France. La visibilité qu’offre un tel évènement lui permet de se faire connaitre hors des frontières marocaines, sur la scène internationale. Dès lors, il partage sa vie entre Paris et Fès puis décide en 2016 de s’installer dans "la capitale de la mode", comme il aime le rappeler, grâce à un visa de travail. Le jeune homme ouvre alors un bureau à Paris, sur la mythique avenue des Champs Élysées, tandis que son atelier est toujours basé à Fès. "En quelques années, ma société installée au Maroc est passée de cinq à dix employés", se réjouit-il alors que sur sa veste de costume brille une broche en forme de Tour Eiffel.

La collection de Rochdi Bakhchouch est disponible sur son site internet. DRCelui qui ne créait que des vêtements pour femmes se tourne aussi désormais vers la mode masculine. Aujourd’hui, l’homme, toujours tiré à quatre épingles, ne porte d’ailleurs que ses propres créations. "En arrivant à Paris, des grands créateurs m’ont conseillé de faire des vêtements pour hommes car j’avais une touche personnelle qu’ils n’avaient jamais vu auparavant", explique-t-il.

Aujourd’hui, Rochdi connait un grand succès et habille des hommes d’affaires, des vedettes et des princes du monde arabe. Il participe aussi à deux Fashion week par an. Son prochain défi est l’organisation d’un défilé pour le Festival de Cannes et l’ouverture en juillet prochain de sa première boutique dans le très chic 16ème arrondissement de Paris. "Au début, mes parents ne voulaient pas que je travaille dans la mode car c’est un milieu difficile. Ils voulaient que je fasse un métier plus ‘classique’. Mais aujourd’hui, ils sont très fiers de moi et ne regrettent pas mes choix", conclut-il dans un sourire. 

 

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