Des migrants font la queue porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Crédit : Mehdi Chebil.
Des migrants font la queue porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Crédit : Mehdi Chebil.

À la fin du mois de mars, le centre humanitaire La Chapelle va fermer ses portes. L’État, qui entend reprendre la main sur la prise en charge des migrants de Paris, va le remplacer par cinq CAES répartis en Île-de-France.

Comme prévu dès son ouverture à l’automne 2016, le centre de premier accueil (CPA) de La Chapelle, communément appelé "la bulle", va fermer ses portes à la fin du mois de mars pour laisser place à un nouveau dispositif, géré par l’État.

"On va essayer de recréer le même modèle que le CPA à travers les CAES [centre d’accueil et d’examen de la situation]", indique à InfoMigrants la préfecture de Paris et d'Île-de-France. En clair, "la bulle" va être remplacée par cinq CAES, d’une capacité de 750 places (contre 450 porte de La Chapelle), répartis en Île-de-France : à Paris dans le 18ème arrondissement (boulevard Ney), à Ris-Orangis (Essonne), à Cergy (Val d’Oise) ainsi que dans les Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne (les villes n’ont pas encore été précisées).

"Logique de tri"

Des maraudes opérées par France Terre d’asile (FTA) viendront chercher les migrants dans les rues de Paris pour les emmener vers des centres d’accueil de jour où des informations administratives leur seront données. Ils seront ensuite acheminés "sur la base du volontariat", précise Pierre Henry directeur général de FTA, vers des CAES. "L’idée est qu’ils ne restent dans les CAES que quelques jours. Ils seront ensuite répartis sur tout le territoire français en fonction de leur situation administrative : dans des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO), des Centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA), des Programmes d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (PRAHDA), comme c’était déjà le cas au CPA", signale encore la préfecture.

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Selon certaines associations, ce dispositif est voué à l’échec. "Ce système ne marchera jamais car les ‘dublinés’ ne voudront pas y aller. Ils savent qu’en se présentant dans ces centres, ils seront ensuite renvoyés dans le premier pays européen où ils ont déposé leurs empreintes, souvent l’Italie, et ils ne le veulent pas", signale à InfoMigrants Gaël Manzi, de l’association Utopia 56. Or, sur les quelque 2 000 migrants qui errent dans les rues de Paris, la majorité d’entre eux sont des "dublinés".

Le risque selon ce membre associatif est de précariser un peu plus les migrants en les rendant invisibles. "L’État met en place un dispositif soi-disant d’accueil mais dans la réalité c’est une logique de tri et de renvois", dénonce encore Gaël Manzi.

La ville de Paris a, quant à elle, annoncé vouloir ouvrir d’ici la fin de l’année une "maison des réfugiés" qui regroupera les initiatives citoyennes et qui accueillera la journée "tous les migrants, qu’ils soient déboutés, 'dublinés', demandeurs d’asile ou réfugiés", précise la mairie de Paris.

 

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