Les garde-côtes grecs transfèrent le corps des 16 migrants morts en mer Égée, samedi 17 mars. Crédit : Reuters
Les garde-côtes grecs transfèrent le corps des 16 migrants morts en mer Égée, samedi 17 mars. Crédit : Reuters

Samedi 17 mars, 16 migrants sont morts lors d'un naufrage en mer Égée et trois autres sont portés disparus. "Ces morts sont le résultat de la politique de l'Europe forteresse", a déclaré un militant grec pro-réfugié.

C’est le naufrage de migrants le plus meurtrier en mer Égée depuis l’accord conclu entre l’Union européenne (UE) et la Turquie il y a deux ans. Samedi 17 mars, 16 corps dont ceux de six enfants ont été repêchés au large de l’île d’Agathonissi, dans le sud-est de la mer Égée, et trois personnes sont portées disparues.

Les seuls rescapés, deux femmes et un homme, ont été transférés sur l’île proche de Samos où leurs témoignages sont attendus pour faire la lumière sur les circonstances du naufrage et avoir plus d’informations sur l’identité des victimes.  

"Nous ne pouvons, ni ne devons nous habituer à ce que des personnes, des enfants, soient perdus en mer Égée", a réagi le ministre grec à la politique migratoire, Dimitri Vitsas. La solution passe par "l’ouverture de routes et des procédures sûres pour les réfugiés et les migrants et la lutte contre le trafic", a-t-il ajouté.

Le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un appel similaire dans un communiqué, déplorant que 500 personnes soient mortes ou portées disparues en mer Égée depuis deux ans. Plus d’un millier de migrants, dont beaucoup d’enfants, s’étaient déjà noyés dans cette zone lors du grand exode de 2015 et 2016.

L’accord UE / Turquie vivement contesté

Lors d’une manifestation samedi 17 mars à Athènes contre l’accord UE-Turquie, le militant pro-réfugié Thanassis Kourkoulas a estimé que "ces morts sont le résultat de la politique de l’Europe forteresse". Vivement contesté par les organisations humanitaires car il prévoit le renvoi en Turquie de tous les arrivants, le pacte avec Ankara est farouchement défendu par le gouvernement grec de gauche qui veut éviter les arrivées massives de migrants le long de ses côtes.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi 17 mars en Grèce contre l'accord UE-Turquie. Crédit : ReutersCependant, faute d’entente au sein de l’UE pour soulager la Grèce, ce règlement a abouti au confinement des exilés arrivés après mars 2016 sur les îles grecques. Plus de 13 000 personnes s’y entassent actuellement, la plupart ayant déposé des demandes d’asile pour tenter d’éviter ou de retarder leur renvoi vers la Turquie.

L’accord UE-Turquie a considérablement réduit les arrivées migratoires en Grèce qui avaient dépassé le million en 2015 et 2016. Mais des centaines de personnes, en majorité Syrien, Afghans et Irakiens, continuent de débarquer tous les mois sur les îles grecques situées à quelques encablures des côtes turques. Selon le HCR, 4 000 personnes sont ainsi arrivées depuis le début de l’année.

 

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